Tous azimuts

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Pour prolonger la réflexion

   

JEUDI 17 MAI 2012

ASCENSION DU SEIGNEUR

 

Il fallait que le Christ disparaisse physiquement pour que les disciples prennent leur pleine stature d’apôtres et de témoins. Voilà pourquoi l’Ascension du Seigneur est intrinsèquement unie au don de l’Esprit, comme d’une force qui les enverra jusqu’aux extrémités de la terre. Dans l’Evangile, cette force se manifestera à travers les miracles qui accompagneront les croyants. « Ils chasseront les esprits mauvais, ils prendront des serpents, ils boiront des poisons mortels, etc. »  Ce sont des signes qui expriment des réalités beaucoup plus profondes : par leur foi, les croyants seront capables de faire triompher la vie, la vérité, la justice, l’amour… là où les forces de mort, de haine, de mensonge, semblent dominer le monde. Les disciples continueront l’œuvre de Jésus, mais, à leur manière, dans le monde qui est le leur, au milieu des dangers qu’ils affronteront et du combat qu’ils mèneront pour la vie et le bonheur de tous les hommes.

Il fallait que cesse le temps des apparitions du Ressuscité, pour que les disciples comprennent que la force de vie qui l’animait était désormais entre leurs mains, et que c’était ainsi, et pas autrement, qu’il manifesterait sa présence au milieu des hommes, comme l’Emmanuel promis, Dieu-avec-nous.

La fête de l’Ascension et celle de la Pentecôte sont intimement unies. Elles inaugurent le temps de l’Eglise, le temps des croyants envoyés dans le monde pour, à la suite de Jésus et avec lui, guérir et sauver tous les hommes. Voici le temps de retrousser nos manches, mais, ayons confiance, il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde !

DIMANCHE 13 MAI 2012

6ème DIMANCHE DE PÂQUES

De cet ensemble de textes, je retiendrai celui de l’Evangile et plus particulièrement la phrase de Jésus aux disciples : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis !”.

Si on relie cette phrase à la 1ère lecture, celle des Actes de Apôtres, on comprend que Pierre en ait vu l’application lors de sa rencontre avec le païen Corneille, quand il se rend compte que les païens, eux aussi, sont appelés à entrer dans l’humanité nouvelle inaugurée par le Christ. Il découvre alors que c’est le Christ qui prend l’initiative, quitte à bouleverser les schémas habituels. Et cette découverte aura d’immenses conséquences pour l’Eglise. Cela peut nous aider à comprendre que, dans notre contexte plus ou moins païen, il continue à appeler des hommes et des femmes à le suivre, même quand il va les chercher en dehors des clous… comme le pasteur, avec les brebis, celles qui ne sont pas de cette bergerie, et qu’il doit aller chercher, pour qu’il n’y ait qu’un seul troupeau, sous la conduite d’un seul pasteur !

On peut aussi garder cette phrase de Jésus comme un soutien promis à chacun, dans les épreuves : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis !” Ce qui signifie aussi que, quand il s’agira de vivre en toutes circonstances selon l’Evangile, de chercher à faire la paix, à faire régner la vérité et la justice, nous pourrons toujours nous dire que c’est lui qui nous a choisis pour cette tâche et qu’il fait confiance en nos capacités et en nos talents pour l’accomplir, tels que nous sommes, là où nous sommes, avec ces capacités et ces talents. “C’est moi qui vous ai choisis…pour que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure !”

Les disciples sentirent que cette force qui leur faisait produire du fruit, au-delà de tout ce qu’ils pouvaient imaginer, c’était celle de l’Esprit Saint, il nous faut croire qu’elle continue de nous être donnée et que, avec elle désormais, rien n’est impossible à celui qui croit.

MARDI 8 MAI 2012

COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DE 1945

La phrase de Jésus qui ouvrait la proclamation de l’Evangile d’aujourd’hui mérite d’être reprise et commentée : « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » Que signifie cette parole ? Que veut dire Jésus, tout particulièrement à nous en ce jour de prière pour la paix entre les nations et entre les hommes ?

Tout d’abord le contexte de cette parole du Christ nous la situe comme une des dernières paroles à ses disciples, comme une mission qu’il leur confie. A eux d’être désormais, au milieu du monde, des témoins et des artisans de la paix entre les hommes. Ils ne seront pas seuls dans cette mission, ils rejoindront tous les hommes de bonne volonté qui savent que la paix, l’entente, l’harmonie, la réconciliation font partie des aspirations les plus fondamentales de l’humanité.

On peut alors se demander pourquoi le Christ précise cette mission qu’il confie à ses disciples en disant : « C’est ma paix que je vous donne » ! Je vous propose deux pistes. La première vient du témoignage que Jésus lui-même donne de la paix qui est en lui et qui vient de la totale unité intérieure qu’il démontre, de l’absolue cohérence entre ses paroles et ses actes, qui, pour les disciples et pour les croyants après eux, sera le signe de sa divinité. Il invite les croyants à partager cette même paix intérieure. Il n’y aura de paix durable que dans tout un travail spirituel de recherche de paix intérieure et personnelle.

L’autre piste pour comprendre ce qu’il veut dire, c’est ce qu’il a démontré dans toute sa vie : une confiance sans limite en la capacité de l’être humain à se redresser, à agir pour que la paix règne entre tous, une paix basée sur la capacité d’aimer qu’il y a en tout homme, créé à image et ressemblance de Dieu.

En ce sens, « ce n’est pas à la manière du monde » qu’il nous donne la paix, c’est-à-dire à base de compromis, d’accords toujours fragiles, d’armistices trop vite oubliés… c’est à la manière de Dieu, avec une confiance absolue en l’homme, en tout homme, qu’en prenant le chemin avec le Christ, à sa suite, il accèdera à la paix durable entre tous.

DIMANCHE 6 MAI 2012

5ème DIMANCHE DE PÂQUES

La vigne, les sarments…le tronc, les branches… voilà des images qui symbolisent bien la relation à laquelle les croyants sont appelés avec le Christ : unis entre eux de telle manière que la même vie, la même sève, coule du Christ vers les croyants, les nourrissant sans jamais leur faire défaut.

Cette image de la vigne et des sarments décrit la vie des baptisés qui, par le baptême, sont unis au Christ, puisqu’ils participent de la même vie. C’est pour cela qu’une fois baptisés, ils portent le nom de chrétiens, ils appartiennent au Christ (c’est le sens du mot « chrétien »), la vie du Christ est en nous et elle nous fait porter beaucoup de fruits. Cette certitude devrait nous inciter à la confiance : il est possible de faire de ce monde un monde meilleur, plus juste, où règnent la paix et l’harmonie entre les hommes… puisqu’il est avec nous celui qui est venu nous sauver et nous montrer le chemin du Royaume.

Ces jours-ci, je lisais les prières déposées dans le Livre des Fragilités et le Livre des Merveilles. Ce sont nos prières ; pour beaucoup, des prières qui jaillissent du fond de nos détresses, de nos doutes, de nos angoisses… quand il semble qu’il n’y a plus d’espoir et qu’on se tourne vers celui qui est toujours là et qui nous dit : « Je suis la vigne, et vous, les sarments…demeurez en moi, comme moi en vous. » Ces prières sont un véritable acte de foi en celui qui nous rappelle que, par notre baptême, nous sommes unis à lui pour toujours.

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire », dit-il à ses amis. Cela revient à dire : « Avec moi, vous pouvez faire des tas de choses ! » Alors : ayez confiance, vous qui vous tournez vers le Christ ; avec lui, tout est possible !

DIMANCHE 29 AVRIL 2012

4ème DIMANCHE DE PÂQUES

Ce dimanche est celui du Bon Pasteur. L’occasion, pour les chrétiens, de prier pour les Vocations, dont c’est aussi la Journée Mondiale. Ce n’est pas que je résiste à l’invitation à prier pour les vocations sacerdotales ou religieuses, mais il me semble qu’à trop faire de ce dimanche un jour où nous prions pour nous, nous risquons d’oublier que c’est d’abord l’occasion de nous tourner vers Celui qui est l’unique Pasteur, le Christ.

Voilà qui devrait, en plus, redonner confiance à tous ceux qui se désespèrent de voir baisser les vocations, les ordinations et les entrées dans la vie religieuse ! L’Eglise n’est pas en perdition, tant qu’elle demeure sous la conduite de l’unique Pasteur… Sans doute ne faut-il pas que nous restions les bras croisés, mais ayons confiance : celui qui nous conduit saura susciter, quand il voudra et comme il voudra, les ministres dont l’Eglise aura besoin pour continuer sa mission dans le monde.

Et déjà, des choses se mettent en route. Peut-être pas chez nous, mais dans d’autres pays, d’autres réalités, où l’on voit des communautés dynamiques, audacieuses, tournées vers le monde avec le souci d’y porter la Bonne Nouvelle, et qui se donnent les moyens pour que les tâches du ministère soient assurées. Elles ont confiance en Celui qui les conduit et les éclaire. Elles savent qu’Il est avec elles jusqu’à la fin des temps.

C’était la certitude des premières communautés chrétiennes, elle les soutenait et les soutient encore, au milieu des épreuves, des persécutions, et difficultés de toute sorte  qu’elles rencontraient, et rencontrent, au cours de leur mission dans le monde : le Christ est vivant ; comme le Bon Pasteur, il ne cesse de guider son Eglise ! Pourquoi n’en serait-il pas ainsi aussi pour nous ?

DIMANCHE 22 AVRIL 2012

3ème DIMANCHE DE PÂQUES

Tous les récits d’apparition de Jésus à ses disciples après sa Résurrection sont un peu bâtis sur le même modèle : les disciples sont réunis, soudain Jésus est là au milieu d’eux ; ils sont effrayés, frappés de stupeur, certains ont des doutes ; Jésus leur montre que c’est bien lui : il mange un morceau, il leur montre ses plaies, il leur parle, il leur fait comprendre ce qui s’est passé ; il les envoie en mission, pour être témoins de sa Résurrection. Et ainsi leur témoignage est parvenu jusqu’à nous…

On pourrait penser que les disciples ont été privilégiés d’avoir ces apparitions, alors que, pour nous, il est bien difficile de croire, puisque nous n’avons pas eu ce privilège. Mais ce n’est pas si sûr : imaginons ce que cela a pu représenter pour les disciples de voir apparaître celui qu’ils avaient vu crucifié, mort en croix et mis au tombeau… Dur à comprendre, sinon à croire ! Nous, nous croyons au témoignage qu’ils nous en ont donné, parce que nous savons tout ce qu’ils ont réalisé au nom de Celui dont ils avaient été témoins.

Quand on écoute un discours comme celui de Pierre devant tout le peuple, quand on sait ce que Pierre était et que les Evangiles ne nous cachent pas…Quand on lit les lettres de Paul, dont on connaît les origines et l’itinéraire… Et on pourrait en dire autant de tous ceux qui revendiqueront le titre d’Apôtres du Seigneur…Il est clair qu’il s’est passé quelque chose qui les dépassait complètement et qui leur a communiqué une force, une énergie, qui ne pouvait venir que de Dieu. Ce « quelque chose », ils diront tous que c’est la Résurrection de leur Maître et Seigneur : il était mort, il est vivant, il est avec nous pour toujours… et cette force, qui fait bouger les montagnes, il la communique à tous ceux qui écouteront sa parole et garderont ses commandements : même s’ils ne le voient pas, ils reçoivent en eux cette énergie vitale… C’est de cela qu’ils sont les témoins.

Ce témoignage pascal est un message d’espérance et de confiance. Puisque le Christ est avec nous, ayons confiance en l’avenir, ayons confiance en  la capacité des hommes et des femmes de faire de ce monde un monde plus juste, plus fraternel, où la paix et l’amour l’emporteront sur la violence et la haine : celui qui en est la source, c’est le Christ, et il se tient au milieu de nous !

VEILLEE PASCALE 2012

Pour la veillée pascale, je me suis prêté à un jeu de questions/réponses. Les questions ont été préparées par des personnes de la paroisse et m’ont été communiquées pour que j’y réponde… Je n’aurais peut-être pas posé ces questions, mais voilà !!!

Introduction générale

Nous entrons maintenant dans un temps long d’écoute de textes de l’Ecriture. Ils nous renvoient à des époques lointaines qui ont marqué la vie des croyants. Ils nous montrent comment Dieu est présent à notre histoire. En cette Année de l’Esprit Saint, essayons de voir comment l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans toute cette histoire, pour en faire une véritable « Histoire Sainte ».

Après Genèse 1, 1 – 2,2

Question: «  J’ai bien entendu!! Le souffle de Dieu planait au dessus des eaux? Mais alors qu’est-ce que ce souffle ? »

R/ Tout d’abord, il faut le rappeler, ce récit n’est pas une description, comme si il y avait eu quelqu’un pour faire un reportage…

Ce que vous avez entendu (…Le souffle de Dieu planait au dessus des eaux…) rappelle que l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint, est à l’œuvre dans le monde dès les origines !

Quand on cherche à savoir comment l’Esprit Saint est présent, on peut dire qu’il est avec nous chaque fois que la vie l’emporte sur les ténèbres, chaque fois que la vie naît, comme pour la naissance d’un enfant, ou comme au baptême…

Après Genèse 22, 1-13.15-18

Question :   « Dieu demande à un père de tuer son fils. Quelle cruauté! Où est l’action de l’Esprit Saint dans ce récit ? »

R/ La réponse à cette question n’est pas facile parce que là encore le texte se fait écho de pratiques religieuses d’une époque très ancienne, où on cherchait à apaiser la divinité par des sacrifices, en particulier des sacrifices d’enfants.

Ici, Abraham passe par une épreuve, celle de la confiance en Dieu. Serait-il prêt à tout perdre, même son fils unique, si Dieu le lui demandait ?

Où est l’action de l’Esprit Saint dans ce récit ? Pour moi, elle est tout d’abord dans le discernement qui s’exerce chez Abraham : il va découvrir que la vraie volonté de Dieu, ce n’est pas la mort mais la vie ; elle est ensuite dans la confiance d’Abraham en son Dieu : quoi que tu fasses de moi, j’ai confiance en toi ; c’est la prière de Charles de Foucauld. Dieu est fidèle à sa promesse : il nous promet la vie, il ne nous trompe pas, il ne nous abandonne pas dans nos épreuves…

Après Exode 14, 15 – 15, 1

Question : «Dieu libère les Hébreux de l’esclavage. Il les fait sortir d’Egypte. Durant cet exode comment agit l’Esprit Saint ?

R/ Les Hébreux sont sortis d’Egypte, où ils vivaient en esclaves. Comment sont–ils sortis ? Par quelle force ont-ils été libérés de l’esclavage ? Pour eux ça n’avait pu être que grâce à Dieu ! Quand ils reliront cet événement, ils y reconnaitront l’action puissante de Dieu. Sans lui, ça n’aurait jamais été possible. Le récit épique qu’ils en feront sera marqué par cette conviction que c’est la force de Dieu qui s’est alors manifestée.

Quand nous relisons cela aujourd’hui, bien sûr le caractère spectaculaire peut nous surprendre ou nous rebuter. Mais le rappel de l’action de Dieu dans des moments comme ceux-là peut nous aider à reconnaître que l’Esprit (la force) de Dieu se manifeste à travers ce qui nous libère de toutes les formes modernes d’esclavage…

Après Ezéchiel 36, 16…28

Question: «  L’Esprit Saint inspirait les prophètes. Qui sont les prophètes aujourd’hui? »

R/ L’Esprit Saint inspire les prophètes, parce qu’ils ont une grande confiance en Dieu et qu’ils sont convaincus que Dieu ne cesse d’agir dans l’histoire des hommes pour leur montrer le chemin de la vie.

Des prophètes aujourd’hui ? Il y en a plus qu’on ne croit ! D’abord tous les baptisés sont appelés à être des prophètes, comme le Christ ; dans leur vie, dans leurs choix, par leurs convictions, ils sont appelés à témoigner d’un Dieu présent, fidèle à sa promesse de vie et de bonheur… même s’il faut pour cela affronter des épreuves, risquer sa vie ou sa réputation… Il y a aussi des grandes figures, comme Monseigneur Romero, Mère Térésa, et bien d’autres… Ce sont pour nous comme des lumières qui nous guident sur notre route. Heureusement qu’il y en a : car sans eux la réalité serait parfois bien peu enthousiasmante !

Conclusion générale (après l’Evangile)

“Il vous précède en Galilée : là vous le verrez, comme il vous l’a dit !” C’est déjà la promesse du don de l’Esprit Saint qui nous fera le reconnaître vivant, sur nos chemins où il nous précède. En lui, toute l’histoire d’Israël devient maintenant la nôtre. En lui, Dieu est avec nous pour toujours.

DIMANCHE 1er AVRIL 2012

DIMANCHE DES RAMEAUX

Nous venons d’entendre ce long récit de la Passion du Seigneur, dont nous reprendrons les étapes tout au long de cette Semaine Sainte. Demain, nous commencerons avec l’Entrée de Jésus dans Jérusalem, prélude de la Passion, où nous voyons tous ces gens de Jérusalem acclamer le Christ : ils l’ont suivi sur les routes de Galilée ou au désert avec lui ; ils ont découvert qu’il était celui qui viendrait combler leurs attentes. Ils l’acclament, comme le Sauveur, le Fils de David, un futur Roi pour Israël…

Cette attente, c’est celle de beaucoup de nos contemporains, de nous aussi peut-être. Attente sans doute confuse, qui s’exprime de différentes façons, matérielles, affectives, spirituelles. Attente qui répond aussi à des situations actuelles bien concrètes : celles du chômage, de l’insécurité, du stress… Ne rejetons pas trop vite ces attentes d’aujourd’hui, sous prétexte qu’elles seraient trop matérielles, immédiates, ou qu’elles chercheraint leur satisfaction dans des bonheurs trop éphémères… Notre monde aspire à autre chose et recherche, de façon souvent confuse, ce qui pourra combler vraiment ces attentes, ces désirs de vie, de bonheur.

Et voilà que la Passion vient montrer quel est le chemin qui mène vraiment au bonheur : c’est celui que le Christ ouvre à tous les hommes de bonne volonté. Le suivre, devenir ses disciples et pour cela, mourir à soi-même et se recevoir de Dieu…

Toute cette Semaine Sainte sera comme le long chemin que le Christ nous invite à prendre à sa suite pour accéder à la Vie dans sa plénitude. Prenons-le ensemble et préparons-nous à en revivre les étapes, jour après jour…

DIMANCHE 18 MARS 2012

4ème DIMANCHE DE CARÊME

Au cours de leur traversée du désert, les Hébreux avaient été victimes de serpents venimeux et, devant l’ampleur du désastre, ils s’étaient tournés vers le Seigneur. Celui-ci était intervenu, leur ordonnant de dresser un mât surmonté d’un serpent de bronze. Il leur avait dit : « Celui qui sera mordu par un serpent, s’il regarde vers le serpent de bronze, sera guéri de sa morsure. » On connaît le pictogramme des pharmaciens, le caducée, c’est de là qu’il vient… Ce signe de guérison était resté fortement ancré dans la mémoire du peuple Juif ; il leur rappelait que Dieu intervient toujours pour sauver son peuple.

Dans l’Evangile, Jésus reprend cette image, en se l’appliquant à lui, le Fils de l’homme : « De même que le serpent de bronze fut élevé dans le désert, ainsi le Fils de l’homme sera-t-il élevé pour que tout homme qui croit en lui obtienne par lui la vie éternelle. » Il s’agit bien sûr de la Croix sur laquelle Jésus sera dressé et mourra. Jésus se présente donc comme celui qui sauve et guérit tous ceux qui se tournent vers lui. Pour bien comprendre ce qu’il veut dire, il nous faut continuer la lecture : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Juger le monde ?  Si nous regardons autour de nous, les raisons ne manquent pas de porter un jugement, et de condamner ce monde. La violence qui y règne, l’insécurité, les injustices, le mensonge, les trop nombreuses inégalités, la corruption, etc. bref, tout ce réseau de mal qui nous entoure et dont nous sommes parfois les complices, au moins par nos silences… Nous avons vite fait de condamner ce monde pour ces déviations, d’en chercher les responsables et d’appeler sur eux la vengeance divine, sinon la peine capitale.

À ces puissances du mal, Dieu refuse de répondre par la violence qui ne ferait qu’aggraver la situation, à commencer par celle de ceux qui en sont les premières victimes, les petits et les pauvres, les enfermant dans la spirale sans fin de la violence. En Jésus, son Fils, il vient lui-même subir ce mal, jusqu’à l’extrême de la croix, et faire de celle-ci le lieu où se révèle son amour. En effet, lorsque nous contemplons Jésus, le crucifié, et à la lumière de sa résurrection, nous contemplons celui qui par son refus de la violence a vaincu la violence, une fois pour toutes. Comme les Hébreux dans le désert, tournons-nous vers le Christ, l’envoyé du Père dans le monde, non pas pour le juger, ni pour le condamner, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

DIMANCHE 11 MARS 2012

3ème DIMANCHE DE CARÊME

Il n’y va pas de main morte, Jésus, avec les marchands du temple ! C’est la première fois, mais aussi la dernière, où nous le voyons pris d’une telle colère… L’épisode marquera les disciples ; les évangélistes le rapporteront, presque à l’identique mais à des moments différents dans la vie de Jésus ; et l’iconographie religieuse nous le représentera avec tous les détails de la scène. Ici, saint Jean nous en donne le récit et nous rapporte les paroles de Jésus qui en donne le sens.

En chassant les vendeurs du Temple de Jérusalem, Jésus ne cherche pas à faire le ménage et à dégager le parvis de tout l’attirail qu’on y trouvait, comme souvent aujourd’hui aux abords des sanctuaires. Il veut faire de son geste un signe : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai. » Pour l’instant, personne ne comprend rien, même pas les disciples. Mais plus tard ils comprendront que le Temple dont il parlait, qui serait relevé pour toujours, c’était son corps. Par ce geste, Jésus annonçait que désormais c’est en son corps ressuscité que Dieu serait présent au milieu des hommes : le temple, en tant qu’édifice de pierre, si beau soit-il, pourrait bien être détruit, Dieu continuerait d’être présent au cœur du monde.

Le concile Vatican II nous a rappelé les signes de la présence de Dieu aujourd’hui : l’assemblée des disciples au milieu de laquelle Dieu se tient, les sacrements à travers lesquels Dieu parle et agit, la prière personnelle du croyant dans laquelle Dieu lui parle, le pauvre rencontré au bord de la route…  Les édifices sont les signes extérieurs de cette présence de Dieu au milieu des hommes, mais Dieu ne s’y laisse pas enfermer : il est là où le Christ vit, parle, agit : là où l’amour l’emporte sur la haine, là où la guerre fait place au pardon, là où la vie triomphe de la mort… Nous pouvons discerner cette présence, grâce à l’Esprit qui nous ouvre les yeux du cœur et de l’intelligence pour que nous sachions le reconnaître, dans les merveilles qu’il réalise au cœur même de nos fragilités : c’est ainsi désormais que Dieu est avec nous, pour toujours.

DIMANCHE 4 MARS 2012

2ème DIMANCHE DE CARÊME (L’Evangile de la Transfiguration)

Jésus emmène trois disciples, et eux seuls, pour leur faire partager une expérience spirituelle extraordinaire qui est déjà comme une annonce de sa résurrection, même si c’est en termes incompréhensibles pour eux, du moins pour le moment…

Quelle est cette expérience ? Tout d’abord, il est “transfiguré”. Toute sa personne est comme transformée, illuminée, resplendissante. Le récit insiste sur la blancheur des vêtements… C’est un signe de la lumière éclatante, qui vient d’un autre monde, là où il n’y a plus de place pour les ténèbres : une vie au-delà de la mort. Les disciples de Jésus ne le saisissent pas encore, mais nous, nous voyons bien qu’il ne peut s’agir que d’une annonce de sa victoire sur la mort, une annonce de sa résurrection. A la fin du texte, Jésus sera plus explicite à propos de sa résurrection d’entre les morts, mais les disciples ne comprendront pas encore… Il leur faudra suivre Jésus jusqu’au bout pour comprendre et croire en lui. A notre tour, durant ce Carême, de suivre le Christ et de grandir avec lui dans notre foi en la résurrection, la sienne et la nôtre…

Ensuite, il se montre entouré de Moïse et Elie. Point n’est besoin d’être un grand  spécialiste de la Bible pour comprendre que ces deux personnages représentent tout ce que Dieu a dit à son peuple depuis le début de son histoire. Jésus est au milieu d’eux comme celui en qui la Parole de Dieu culmine : il la résume, il accomplit toutes les promesses énoncées dans l’Ecriture ; d’ailleurs la voix qui se fait entendre le désigne et invite les disciples, ceux qui sont là mais aussi tous ceux qui suivront, à l’écouter. A notre tour de répondre à cet appel, et profiter du Carême pour écouter, méditer, nous nourrir de la Parole de Dieu en suivant Jésus dans l’Evangile : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le !

Voilà une expérience lumineuse pour les disciples, même s’ils ne comprennent pas tout ce qu’elle annonce. Elle les aidera à continuer leur route avec Jésus, à écouter sa parole et à y rester fermement attachés.

Toutes proportions gardées, nous ne manquons pas d’expériences de ce genre, des moments lumineux, parfois très fugitifs ; moments de bonheur et de paix où nous nous sommes trouvés en harmonie avec nous-mêmes et avec les autres. Rappelons-nous ces moments, c’est là que Dieu, en nous, dévoile son mystère d’amour et, par delà les ténèbres de la mort, ravive en nous sa promesse de vie.

DIMANCHE 26 FÉVRIER 2012

1er DIMANCHE DE CARÊME

ENTREE EN CARÊME

Tous nous en  faisons l’expérience, surtout quand nous sommes dans la vie active : le temps passe vite et les occupations s’enchaînent les unes après les autres ; si nous prenons un peu de recul, nous constatons que nous avons bien peu la maîtrise de notre vie, sauf au prix de gros efforts pour essayer de reprendre la main : la vie professionnelle, la vie familiale, les engagements …parfois même avec une certaine boulimie d’activités, comme si on avait peur du vide ! Les chrétiens, nous n’y échappons pas…

Et voilà que se présente à nous, avec le Carême, comme une sorte d’invitation à faire une pause et à nous tourner vers l’essentiel, vers ce qui compte vraiment dans notre vie, vers ce qui donnera du sens à tout ce tourbillon d’activités et nous permettra, peut-être, d’y mettre un peu de cohérence.

Les textes de ce temps de Carême nous invitent à la conversion, c’est-à-dire à revenir au Seigneur. Et, pour y parvenir, l’Eglise nous propose des moyens privilégiés: prier, jeûner, partager. La prière, le jeûne et l’aumône sont en effet des moyens, reconnus par les chrétiens comme les aidant puissamment à se replacer face à l’essentiel : prier, se tourner vers Dieu ; jeûner : ne se nourrir que de lui ; partager : ne mettre qu’en lui ses sécurités.

La mission de Jésus, telle qu’elle apparaît dans tout l’Evangile est de nous révéler  Dieu, comme celui qui est proche de tous les hommes, à tel point que tous peuvent l’appeler « Père ». Il laisse aux disciples une seule prière, le Notre Père, et les invite à être entre eux comme des frères, enfants du même Père.

A son tour, le disciple du Christ est appelé à se tourner vers le Père, source de toute vie : c’est Lui qui lui donne le pain quotidien, le relève quand il tombe, le délivre du mal, lui donne ce monde pour qu’il en fasse un monde de frères…

Les activités, les occupations de la vie quotidienne, nous font perdre le sens de Dieu, nous font oublier que nous sommes ses enfants, alors que notre vie n’a de sens que dans l’accueil de la sienne en nous.

Alors demandons-nous : « Pour moi, qui est Dieu ? »

Quarante jours ne seront pas de trop pour essayer de répondre à cette question, grâce à la prière, au jeûne et à l’aumône.

DIMANCHE 19 FÉVRIER 2012

7ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Texte du jour : Marc 2, 1-12

Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas. Dernièrement nous avons écouté des récits de guérisons, effectuées par Jésus sur des malades de toute sorte. Aujourd’hui, voici un nouvel épisode, toujours une guérison, mais nous faisons un pas de plus, puisque Jésus, en voyant le paralysé et la foi de ceux qui l’amènent près de lui, dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés ». À vrai dire, cet homme ne venait pas pour ça, mais pour être guéri de sa maladie. Et Jésus va montrer qu’il n’est pas seulement un guérisseur et que, s’il vient guérir et sauver tous les hommes, ce n’est pas que de leurs maladies : il vient pardonner les péchés.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Y a-t-il un rapport entre la maladie et le péché ? A priori, non. Mais à l’époque de Jésus, beaucoup de maladies restaient inexpliquées. D’où venaient-elles ? Pourquoi certains seulement en étaient atteints, et pourquoi pas d’autres… ? Pour la mentalité populaire, tout cela ne pouvait venir que de plus haut. Comme un châtiment, une punition divine, suite à quelque péché commis antérieurement par le malade ou par ses parents…

Notre mentalité n’est plus celle-là, en principe ( !). Les progrès de la recherche et des techniques relatives aux traitements nous font mieux comprendre les causes des maladies. Il faut s’en féliciter et rendre grâce à Dieu pour tous les efforts des professionnels de santé en vue d’une meilleure connaissance médicale.

Il n’en reste pas moins que l’être humain sera toujours marqué par une fragilité fondamentale : comme tout vivant, il est limité, non seulement aux deux extrémités de son existence, mais aussi par son incapacité à réaliser pleinement le désir de vie qui est en lui. Il y a toujours quelque chose, comme une force négative, qui l’en empêche ou l’en éloigne. C’est ce que nous chrétiens, nous appelons le péché. Saint Paul décrit très bien cette condition humaine, lorsqu’il dit : « Je suis sans cesse tiraillé entre le bien que je veux faire et le mal que je fais ». Reconnaissons que nous faisons tous l’expérience de ces forces intérieures qui nous poussent à agir en sens contraire de ce qui nous conduirait au bien, au bonheur, à la paix en soi et avec les autres. Ces forces puissantes sont celles du mal et du péché. « Qui nous en délivrera ? », s’écrie saint Paul. Et il répond : « C’est le Christ notre Seigneur ! »

La maladie et le péché ont cela de commun qu’ils nous empêchent d’être pleinement ce que nous sommes vraiment : des êtres libres, capables d’aimer et de construire le bonheur autour d’eux. Quand Jésus dit au paralytique : « Tes péchés sont pardonnés, lève-toi et rentre chez toi », il le guérit en même temps de sa maladie et c’est un signe pour tous qu’il est venu guérir en profondeur de tout ce qui empêche l’homme de vivre en paix avec lui-même et avec ses frères.

Nous allons bientôt entrer en Carême, temps privilégié de rencontre avec le Christ, venu  pour sauver tous les hommes et les libérer de toutes les forces du mal qui entravent leur marche vers la vie. Grâce à lui, nous pourrons avec confiance demander à notre Père : « Délivre-nous du mal. Amen ! »

DIMANCHE 12 FÉVRIER 2012

6ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

JOURNÉE DES MALADES 

Le passage du livre du Lévitique nous donne une idée de la condition des lépreux, dans l’ancien Orient. Comme beaucoup de malades, le lépreux était considéré comme contagieux et impur ; il était mis à l’écart du reste de la société et personne ne devait s’approcher de lui pour ne pas contaminer les autres membres. Au passage de Jésus, il n’aurait pas dû s’adresser à lui, encore moins venir tout près de lui. Mais il a confiance : il a entendu parler de lui, il sait qu’il peut le guérir. De son côté, Jésus enfreint toutes les règles : il le touche, au risque de contracter la maladie, et surtout l’impureté qui y est jointe, et d’être ainsi exclus à son tour de la société. Mais il est venu guérir et sauver tous les hommes, il est prêt à donner sa vie pour que l’autre vive, et, dans cette rencontre avec l’homme exclus, il fait jaillir la vie : il justifie la confiance en lui, il remet debout et réintègre celui que les hommes veulent tenir à l’écart. Jésus se révèle comme le Sauveur des hommes. Tel est le sens et la portée des miracles qu’il opère sur les malades

.Le dimanche de la santé invite les chrétiens à être auprès des malades les porteurs de cette Bonne Nouvelle que le Christ est aujourd’hui près d’eux et qu’il les invite à garder confiance. En se rappelant la priorité que Jésus mettait à se rendre près des malades de son temps, les chrétiens ont bien compris que ce devait être aussi une priorité pour eux. On pourrait presque dire que la fidélité d’une communauté à l’Évangile se mesure à son attention aux malades, aux efforts qu’elle fait pour que ils se sentent pris en compte, respectés, accueillis, visités, aimés par leurs frères bien portants. Le Service Paroissial qui se présente aujourd’hui veut nous aider à porter ensemble cette priorité évangélique. Déjà bien des choses se font : dans les établissements de santé, les maisons de retraite, les résidences pour personnes âgées… à travers les visites à domicile et les personnes qui portent la communion… L’action de ces bénévoles est déjà un geste de proximité, de solidarité avec la personne qui souffre. Mais plus encore, ces gestes d’amitié sont aussi des signes du Christ, présent aux côtés du malade, d’une présence qui redonne confiance et qui guérit intérieurement celui qui peut se sentir exclus, mis à l’écart, réduit à rien, inutile. La présence, auprès des malades, des membres de la communauté chrétienne, et même leur envoi, manifeste que pour nous ils sont toujours membres de la communauté et qu’une communion spirituelle, mais bien réelle, nous unit à eux.

Voilà comment les chrétiens continuent l’œuvre de Jésus. Humblement ils transmettent ce qu’ils ont reçu, à savoir que la tendresse de Dieu est sans limite : elle se manifeste à tous sans distinction, mais avec une priorité pour ceux qui sont abattus, sans forces et sans espérances. Qui leur dira qu’il est là, toujours, à leur chevet, pour leur redonner confiance, les relever et leur réinsuffler le goût de vivre ?

DIMANCHE 5 FÉVRIER 2012
5ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

“Une journée de Jésus au milieu des malades”, tel est le titre qui nous est proposé pour la page d’Evangile que nous venons d’entendre. Une journée typique de la mission de Jésus : dans les évangiles, on trouve des discours, parfois assez longs (comme dans l’Évangile de Jean), mais l’évangéliste saint Marc ne nous en rapporte pas beaucoup ; il y a, surtout chez Marc, les actes de Jésus, les très nombreux miracles et tout particulièrement ceux qu’il effectue envers les malades (”toutes sortes de malades”, nous dit le texte). De ces récits de miracles, se dégage une constante dans l’action de Jésus : sa proximité à tous ceux qui souffrent, de quelque souffrance que ce soit, physique, morale ou psychique. Dans le texte de Job que nous écoutions auparavant, se retrouveraient sans difficulté tous ceux qui vivent de grands moments de dépression et pour qui la vie n’a plus aucun sens. Avec Job, ils crient vers le Seigneur : “Souviens-toi de moi, Seigneur !” Et voici que Jésus vient, il est là, les gens se pressent autour de lui : il s’approche d’eux et les guérit quelle que soit leur maladie.
Du coup, sa renommée s’étend loin dans le pays : mais si Jésus accède à leurs demandes, ce n’est pas pour se faire de la pub ; il n’est pas en campagne électorale ! Mais il veut ainsi proclamer la Bonne Nouvelle pour laquelle il est venu : un message de guérison pour tous, sans exception, de libération de tout ce qui peut entraver le désir de vie qu’il y a au cœur de tout homme. Il est porteur de ce message, de cette force qui relève, qui guérit et redonne goût à la vie. C’est pourquoi l’Evangile nous le montre étroitement relié à Dieu, son Père, par la prière.
Heureusement ce message ne s’éteint pas avec Jésus. Déjà et à plusieurs reprises, il enverra ses disciples en mission, leur communiquant la force d’accomplir à leur tour les mêmes gestes de guérison. Ils découvriront avec stupeur qu’ils ont en eux cette force qui guérit, relève et redonne goût à la vie. Plus tard ils comprendront que cette force vient du Christ ressuscité, c’est l’Esprit qu’il avait promis de leur envoyer A leur tour, ils sentiront comme une nécessité d’annoncer cette Bonne Nouvelle, une nécessité qui s’impose à eux, au point qu’ils pourront dire avec saint Paul : “Malheur à moi, si je n’annonçais pas l’Évangile !”
Et ainsi les chrétiens mettront-ils une priorité à faire comme Jésus, à s’approcher des malades de toute sorte : dans les établissements de santé, les maisons de retraite, ou dans leurs maisons, à leur chevet, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle qu’ils ne sont pas seuls dans leurs souffrances, que, même dans leurs faiblesses, ils valent plus que tout l’or du monde ! En se faisant proches d’eux, ils leur disent que, bien que réduits, parfois à l’extrême, dans leurs activités physiques, ils restent toujours membres de la communauté humaine. A ceux qui le désirent, ils les font participer au repas du Seigneur, en leur portant la communion qui les fortifie et les unit à tous les frères. Ils leur annoncent la Bonne Nouvelle que Dieu est avec eux et qu’ils peuvent toujours compter sur lui.
C’est le rôle du Service auprès des Malades (qui se présentera la semaine prochaine) de rappeler à nos communautés chrétiennes cette priorité évangélique de se faire proches de ceux qui souffrent et d’être auprès d’eux les témoins de l’amour inconditionnel de Dieu.

DIMANCHE 29 JANVIER 2012
4ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

N’en déplaise à certains, je commenterai la 1ère lecture et l’Evangile, laissant la 2ème lecture à votre méditation personnelle : non pas qu’elle soit sans intérêt, mais elle nous écarterait du fil conducteur qui unit les deux autres lectures. Ce fil, c’est l’annonce que Dieu fait au peuple d’Israël de la venue d’un prophète qui parlera en son nom et guidera le peuple comme Moïse. L’Evangile nous montre Jésus, comme réalisant cette promesse : il enseigne : et c’est “un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !” Une autorité dont les gens voient bien qu’elle est différente de celle des hommes, une autorité qui questionne, d’où lui vient-elle ? Alors ils le suivent… Ce n’est que plus tard, après la résurrection, qu’ils pourront comprendre qu’elle lui vient de Dieu. Ils pourront alors dire, avec l’apôtre Pierre : “Seigneur, à qui irions-nous ? Toi seul, tu as les paroles de la vie éternelle !” Jésus est vraiment le Prophète, envoyé par Dieu pour guérir et sauver tous les hommes.
Qu’en est-il aujourd’hui de ce prophétisme ? Y a-t-il encore aujourd’hui des prophètes pour le monde, des personnes qui “enseignent” et montrent le chemin de la vie, avec assurance, des personnes en qui on peut avoir confiance ? En tout temps, des hommes et des femmes ont surgi, pour rappeler à leurs frères la bonne direction, celle qui mène à la paix, au bonheur, à l’harmonie entre tous… Ils ont eu de l’impact sur leurs contemporains, non seulement à cause de leur enseignement, mais parce que leur vie était conforme à ce qu’ils disaient : on peut penser à Mère Térésa, l’abbé Pierre, on peut aussi penser au pape Jean XXIII, et à tant d’autres, pour ne citer que des figures de l’Eglise de notre temps, car il y en a aussi en dehors du monde chrétien, je pense en particulier à Gandhi, cet apôtre de la non-violence.
Mais ces grandes figures ne doivent pas nous faire oublier que, par notre baptême, nous sommes tous devenus semblables au Christ et que l’Esprit reçu à notre Confirmation nous fait être des prophètes pour notre monde. C’est la mission prophétique du chrétien et de l’Eglise tout entière. Elle consiste à refléter par notre vie que le message de l’Evangile est toujours actuel et que, à cause de cela, nous voulons suivre le Christ sur les chemins de nos vies. Il ne s’agit pas d’abord pour nous de donner des enseignements au monde ou de prêcher une doctrine… mais de vivre comme disciples du Christ, dans notre vie de tous les jours, nos choix, notre manière de vivre, là où nous sommes, et de rendre actuel l’enseignement de Jésus lui-même.
Ce témoignage prophétique pour le monde, nous le donnons, chacun pour notre part, malgré nos infidélités, malgré nos incohérences. Mais c’est aussi tous ensemble, en Eglise, que nous le donnons. En effet l’Eglise tout entière, constituée d’hommes et de femmes pécheurs, et pourtant en chemin vers la sainteté, annonce, humblement mais avec assurance, le grand message prophétique, à savoir la victoire du Christ sur toutes les forces de mal, de haine, de division et d’égoïsme qui semblent pourtant dominer l’humanité : “Silence ! Sors de cet homme”. C’est cette libération que l’Église annonce et dont nous sommes témoins : dans le Christ, l’esprit mauvais, l’esprit du mal, a été vaincu pour toujours ; laissons-nous transformer par l’Esprit de Dieu, répandu sur tout l’univers et qui fait toutes choses nouvelles !

DIMANCHE 22 JANVIER 2012
3ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Déjà dimanche dernier l’Evangile nous montrait Jésus appelant ses premiers disciples… Mais la liturgie est intelligente : sur le même sujet, elle nous invite à saisir un autre aspect ; et, grâce à la 1ère lecture de ce jour (la prédication de Jonas et la conversion des habitants de Ninive), elle nous fait tourner nos regards vers la mission qui est celle de Jésus et qu’il confiera à ses disciples : annoncer la Bonne Nouvelle et appeler à la conversion. “Changez de vie, convertissez-vous !”… Les prophètes, jusqu’à Jean-Baptiste, ont répété à satiété ces appels. Jésus les reprend à son compte, l’Eglise en fera autant. On les prend souvent comme des injonctions morales, et il en était peut-être ainsi des appels des prophètes de l’Ancienne Alliance. Mais, depuis le Christ, ces appels à la conversion sont d’abord des manifestations de la présence de Dieu avec nous, pour nous accompagner, nous guider sur le chemin de la vie. Avec le Christ, Dieu se fait connaître à nous comme un Dieu proche, un Père, qui nous invite à changer de vie, non par plaisir ni pour s’imposer à nous comme un juge autoritaire : il vient nous montrer le chemin de la vie, le chemin du bonheur ; il nous appelle à suivre le Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
Quand Jésus dit : “Venez à ma suite !”, c’est pour nous engager à sa suite sur ce chemin de vie, de bonheur, de paix, de lumière. Sans doute, pour cela, il faut lâcher prise, se convertir, changer certaines manières de vivre, renoncer à certains chemins de traverse semés d’embûches, malgré des apparences trop souvent attirantes… Mais tout au long de sa vie, le Christ montrera que ces tentations sont des mirages auxquels il vaut mieux ne pas céder si on veut avancer vers le vrai bonheur, le bonheur durable et partagé. La conversion est la condition pour vraiment accueillir la Bonne Nouvelle et suivre le Christ, la condition pour en vivre.
DIMANCHE 15 JANVIER 2012

2ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (B) 

Belle cohérence dans les textes que nous propose la liturgie de ce dimanche : l’appel de Samuel, l’appel des premiers apôtres et l’appel de tous à la sainteté ! Ces textes nous redisent une réalité que nous aurions volontiers tendance à oublier : Dieu ne cesse d’appeler des hommes et des femmes, des jeunes, des enfants, des adultes, hier comme aujourd’hui, à s’engager sur les chemins de la vie.Par exemple, la première chose que fait le Christ, au début de sa vie publique, c’est de constituer un groupe de disciples qui le suivront (”Que cherchez-vous ? Où demeures-tu ? Venez et vous verrez !”). Une des caractéristiques de ces appels du Christ, tels que les Evangiles nous les relatent, c’est  qu’il n’appelle jamais pour des tâches précises, pour faire telle ou telle chose, mais à le suivre : à l’écouter d’abord, comme celui qui a les paroles de la vie, puis à marcher à sa suite (”Venez et vous verrez !”). C’est  la vocation de tout baptisé. Le baptême, en effet, est le point de départ d’une marche à la suite du Christ. Où que nous soyons, quelles que soient les circonstances de notre vie, nous sommes appelés, du fait même de notre baptême, à vivre comme des disciples du Christ, en écoutant sa parole, en ayant, avec lui, une confiance totale et absolue en Dieu le Père. Quand on parle de vocation, on pense tout de suite à la vocation sacerdotale ; mais il y a d’abord la vocation de baptisé,  l’appel de Dieu à suivre le Christ, et il s’adresse à tous : une mère de famille, un jeune professionnel, un enfant scolarisé, un cadre d’entreprise, une personne âgée, un retraité… chacun est appelé, par son nom et là où il est, à vivre comme disciple du Christ, éclairé par l’Évangile, et poussé par l’Esprit. Faisant confiance en Dieu et en la force de son Esprit, il saura, le moment venu, dire la parole, faire les choix, qui correspondent aujourd’hui à l’Évangile. Voilà en quoi consiste ce qu’on appelle la vocation baptismale. C’est la première forme de vocation et elle s’adresse à tous.Parmi ces appels, il y a bien sûr aussi la vocation sacerdotale, par laquelle certains parmi les baptisés sont appelés à aider leurs frères à vivre toujours davantage leur propre vocation. Le prêtre n’est pas un super-baptisé, il n’est pas au-dessus de ses frères, mais à leur service, pour que grandisse en eux leur vocation à être disciples du Christ. Il y a sans doute moins de prêtres aujourd’hui, mais Dieu continue toujours à en appeler, et il attend leur réponse… Mais il y a toujours autant, sinon plus, d’hommes et de femmes appelés à vivre à la suite du Christ et aussi à aider leurs frères à vivre vraiment leur baptême : parents,  catéchistes, personnes qui exercent des responsabilités dans les communautés chrétiennes, etc. Dieu continue d’appeler et il y en a toujours parmi nous qui répondent : “Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté !” Aussi, faisons confiance : Dieu n’est pas aux abonnés absents ! * Un mot pour les confirmands qui commencent aujourd’hui leur préparation vers le sacrement de la confirmation :Vous aussi, vous avez entendu un appel à vous préparer à recevoir le sacrement de la confirmation. Prenez-le comme un appel de Dieu : c’est lui qui vous invite à recevoir les forces, l’audace, l’énergie nécessaire, pour avancer sur les chemins de la sainteté. Il sera avec vous sur votre route et vous pourrez toujours compter sur lui.

DIMANCHE 8 JANVIER 2012

ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

Cette année, avec la fête de l’Epiphanie se termine le cycle liturgique de Noël… Avant d’entrer dans le Temps qu’on appelle “Ordinaire”, mais qui n’a rien de quelconque, arrêtons-nous à ces fêtes, et tout particulièrement aux célébrations que nous venons de vivre ensemble. De l’avis général, elles ont été belles, priantes, recueillies et accueillantes. J’en profite pour remercier une fois de plus celles et ceux qui s’y sont investis.

Cette année, comme chaque année, nous avons été surpris par l’affluence. Chaque année, c’est pareil et nous en sommes toujours surpris ! Comme quoi nous nous laissons volontiers prendre aux pièges tendus par les apôtres du déclin du christianisme et de son insignifiance pour le monde d’aujourd’hui… Les gens qui se pressent dans les églises pour la nuit de Noël ne viennent pas pour les sapins, les Pères Noël ou les guirlandes : ça, ils l’ont dans les rues, aux vitrines des magasins ou dans les marchés de Noël… Déjà, ils franchissent les portes d’églises dans lesquelles ils n’entrent pas souvent : c’est signe qu’ils cherchent quelque chose qu’ils ne trouvent pas ailleurs… L’ambiance festive de veillée, la crèche, les récits bibliques, tout tourne autour de la naissance d’un enfant. Les gens qui viennent, souvent avec leurs propres enfants, savent très bien de quel enfant il s’agit, pas n’importe lequel : le « petit Jésus », l’ « enfant Jésus ». Confusément sans doute, mais ils savent ce que deviendra cet enfant, ils ont entendu parler, par bribes, de sa vie et de sa mort… Et pour eux, il vaut la peine d’entrer, de regarder, d’écouter. Après, ils s’en retourneront chez eux, avec le sentiment d’avoir vécu un moment de bonheur…

Ils sont un peu comme les Mages… En effet, les Mages ont vu l’Etoile, ils sont venus, ils ont regardé l’enfant dans la crèche, ils ont apporté des présents, ils s’en retournent ensuite chez eux. On ne sait rien d’eux. On ne sait rien de ce qu’ils deviennent par la suite. Ils étaient des chercheurs de Dieu, des hommes qui scrutaient le ciel à la recherche de l’étoile du bonheur. Ils l’ont vue, ils l’ont suivie et sont arrivés jusqu’à la crèche. Ils ont vu ce qu’il y avait à voir, puis ils ont regagné leur pays.

Pour moi, les gens qui viennent à nos célébrations de Noël sont comme les Mages : ils cherchent, ils voient, ils viennent et ils repartent. Bien représentatifs de nos contemporains, ils cherchent ce qui leur donnera des raisons de vivre, ce qui leur procurera du bonheur, ils cherchent un peu partout, au risque d’être la proie des marchands de bonheur de pacotille. Réjouissons-nous et rendons grâce quand ils franchissent les portes de nos églises !

La mission des chrétiens est précisément de les conduire à Celui qui est la vraie source de toute vie, d’être un peu comme l’Etoile qui les amènera jusque là où est le Christ, le Sauveur du monde. Alors, non seulement ils franchiront la porte de nos églises un soir de Noël, mais ils voudront en connaître plus sur l’Enfant-Jésus de la crèche, ils entendront son appel à le suivre, et en le suivant ils découvriront la route qui mène à la Vie et au bonheur sans fin.

L’Epiphanie est l’ouverture solennelle du message de Noël aux dimensions du monde. Soyons porteurs de cette Etoile venue guider tous les hommes, à commencer par les plus éloignés, vers la Lumière qui donne sens à la Vie !

DIMANCHE 1er JANVIER 2012

SAINTE MARIE, MERE DE DIEU

Messe du samedi soir, 31 décembre 2011

Ce soir, nous nous retrouvons pour le dernier jour de l’année 2011. Avant d’entrer dans une nouvelle année et de nous offrir des vœux, il est bon de nous retourner vers celle qui se termine, de reconnaître ce qui nous a été donné de vivre durant ces douze mois et d’en rendre grâce.

Relisons d’abord ce que nous avons vécu, chacun personnellement, en famille, avec nos relations, au quotidien … Evoquons les rencontres, ce qu’elles ont produit, ce qu’elles nous ont fait découvrir de nous, des autres… les situations nouvelles qu’elles ont créées, les réconciliations, les découvertes… Rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’il nous révèle ainsi de Lui, de nous-mêmes, et des autres.

Rendons-lui grâce aussi pour les situations de notre monde qui ont été porteuses d’avenir. Il y a eu bien sûr des tensions, des crises, des violences, mais il y a eu aussi des moments de solidarité, de communion dans des désirs de paix, de justice, de démocratie. Pensons à ce qu’il est convenu maintenant d’appeler le “Printemps Arabe” et l’accession à la démocratie de peuples longtemps soumis à des régimes corrompus et autoritaires… Pensons à la solidarité qui se manifeste chez nous, et malgré la crise, envers les plus démunis, les sans papiers, les sans logement… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les motifs d’action de grâce ne manquent pas pour cette année au niveau national ou international !

Permettez-moi de focaliser sur quelques événements qui ont marqué la vie de notre paroisse, en lien avec le diocèse et, ce soir, d’en rendre grâce au Seigneur. L’année 2011 a débuté avec la préparation de notre Forum du 2 avril, à Saint-Etienne, qui a permis aux différents groupes de la paroisse de se connaître, de rompre les cloisonnements et d’avancer dans ce qui faisait partie de notre projet pastoral : le rapprochement entre nos deux communautés. Sur ce point, qui était le premier objectif du Forum, on peut dire qu’il a été atteint. Ça a demandé beaucoup de travail de préparation, mais ça nous a montré que nous étions capables de mener une opération d’une telle envergure. Sans nul doute, l’Esprit Saint nous a poussés, inspirés et soutenus : ce qui nous fait oser dire qu’il n’est pas absent du travail qui se fait dans la paroisse !

Justement, une autre raison de rendre grâce est le dynamisme avec lequel nous sommes entrés dans l’Année de l’Esprit Saint, promulguée par notre archevêque à la Pentecôte 2011. Déjà la relecture du Forum nous y avait fait entrer. Les réponses à l’appel fait aux dix familles ambassadrices et leur participation aux temps forts proposés par le diocèse, nous ont soutenus lors de la reprise des activités après le break de l’été. Avec elles, nous nous lançons maintenant dans la préparation à la Confirmation de Pentecôte 2012 : dix adultes et grands jeunes de la paroisse s’y préparent. Ce sera un des moments forts pour notre paroisse, en lien avec l’ensemble du diocèse.

Nous avons eu aussi des activités conviviales : le repas de début d’année, ici à Thorigné ; la balade en forêt, à partir de Thorigné, gâchée par le mauvais temps, mais qui nous a montré qu’on pouvait organiser une sortie familiale avant la rentrée ; la kermesse à Cesson qui, elle, a bénéficié d’un grand beau temps et a été un franc succès, en termes de fréquentation et donc de bénéfice pour la paroisse… Ces activités resserrent les liens entre nous, ce qui n’est pas négligeable dans un monde agité comme le nôtre. Et lorsque grandit la communion fraternelle, c’est que l’Esprit Saint est à l’œuvre.

Alors rendons grâce au Seigneur pour ces signes qu’il nous donne de sa présence avec nous ! Regardons les avancées qu’il nous a fait faire durant cette année et gardons-les comme des balises sur le chemin que nous aurons à parcourir ensemble dans l’année qui vient…

DIMANCHE 1er JANVIER 2012

SAINTE MARIE, MERE DE DIEU

Messe du Dimanche

Aujourd’hui, nous allons tous sacrifier à la tradition de nous offrir des vœux pour cette nouvelle année. Nous recevons et envoyons des cartes de vœux, toutes plus belles les unes que les autres, écrites avec amitié et originalité… Cette tradition est sociale et familiale, elle n’est pas vraiment chrétienne. On ne s’offre pas de vœux à l’occasion de l’ouverture de l’année liturgique et du premier dimanche de l’Avent… Mais le moment où on inaugure de nouveaux agendas et où on change les calendriers muraux est aussi l’occasion de regarder l’année qui vient dans son ensemble, avec ses événements prévisibles, les dates de congés scolaires, les vacances d’été, et tous les projets que nous pouvons faire pour cette année.

Les chrétiens, nous avons un rapport tout particulier au temps et à son écoulement. Le temps, pour nous, … notre histoire individuelle et collective, … les événements de la vie,… peuvent être relus, non comme une succession arbitraire ou hasardeuse, mais comme des occasions où Dieu se manifeste à nous. Le chrétien, face aux événements de son histoire personnelle, ou, à plus grande échelle, face aux événements du monde, est toujours invité à se poser la question : quel sens cet événement a-t-il, pour moi, pour nous, à la lumière de la Parole de Dieu ? A quoi m’appelle-t-il ? A quoi me rend-il attentif ?

Les croyants qui s’expriment dans les écrits bibliques ne font pas autre chose que relire les étapes de leur histoire dans la foi, comme autant de renouvellements de l’Alliance avec Dieu. Toute la Bible invite à faire cette relecture croyante de l’histoire, aussi bien de notre histoire personnelle, que de celle du monde.

Au seuil de cette nouvelle année, la première lecture nous rappelle que les prêtres, descendants d’Aaron, bénissaient le peuple en étendant les mains sur lui et en prononçant trois fois, sur lui, le nom divin. « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et se penche sur toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage et t’apporte la paix ! » Prononcer sur nous le nom divin, imposer les mains sur nous, c’est nous mettre sous la protection du Seigneur, tous les jours de notre vie, pour qu’il nous conduise sur les chemins de la paix.

Tels sont les vœux que je vous offre à tous : Que cette année nouvelle, avec tous les événements que vous y connaîtrez, soit pour vous l’occasion d’une rencontre renouvelée avec le Seigneur. C’est ainsi que la paix règnera dans vos cœurs et que vous la transmettrez autour de vous ! « Marie, nous dit l’Evangile, gardait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». Apprenons de la Mère de Dieu à garder et à méditer dans notre cœur tous les événements qui marqueront notre année.

Bonne année à tous !

DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 2011

4ème DIMANCHE DE L’AVENT  

Déjà le 4ème dimanche de l’Avent, les semaines passent rapidement et Noël est tout proche ! Pour moi, l’événement vers lequel nous nous dirigeons est le plus important du christianisme, celui qui est au départ de notre foi, celui qui inaugure une ère totalement nouvelle. Et il nous faut retourner sans cesse à ce point de départ, pour en comprendre la portée. Il est pourtant trop souvent obscurci par un décor qui en fait une fête enfantine, ou seulement sociale, voire commerciale. Il n’est pas trop tard, avant de le fêter, de nous arrêter quelques instants pour en saisir la portée, ou nous en rappeler…

En général, les croyants, de quelque religion qu’ils soient, ont l’idée d’un Dieu qui régit l’univers, un créateur qui intervient de temps en temps dans le cours de l’histoire des hommes, mais qui reste lointain et inaccessible. Les chrétiens, eux, vont fonder leur foi en un Dieu qui, non seulement se fait connaître aux hommes, comme aux temps de l’Ancien Testament, des prophètes, des hommes qui auront eu le privilège de révélations personnelles, mais en un Dieu qui se fait l’un d’entre eux, qui va désormais leur parler avec un langage qu’ils comprennent, puisque ce sera le leur, qu’il leur suffira de regarder, d’écouter et de suivre, puisqu’il sera un homme comme eux. Un Dieu qui ne sera pas dans les nuages ni à une distance inaccessible : un Dieu parmi les hommes, un Dieu avec les hommes, l’Emmanuel… C’est ce qu’on appelle le « mystère » de l’Incarnation. Mystère ? Parce que ce n’est pas quelque chose qui s’expliquera avec des formules, et qu’on n’en a jamais fini d’épuiser toutes les significations, pour nous, pour notre foi, et pour notre manière de la vivre… Ce que nous célébrons, c’est qu’à partir de Noël, nous savons qui est Dieu et ce qu’il veut pour nous : pour cela, il suffit de regarder, d’écouter Jésus et de se mettre à sa suite.À l’apôtre Philippe qui lui demandait : « Montre-nous le Père, et cela nous suffit ! », Jésus répond : « Cela fait si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe : qui me voit voit le Père ! » Cette réponse est l’expression, par Jésus lui-même, de ce que signifie ce que nous appelons le mystère de l’Incarnation. Et tout cela se réalise grâce à Marie. En, effet, elle est celle par qui le Fils de Dieu entre dans la race humaine, celle qui le met au monde, à notre monde… C’est pourquoi huit jours avant Noël nous contemplons en elle cette grande figure de l’Avent et accueillons la parole qui ouvre directement au mystère de l’Incarnation, la parole sans quoi rien ne se serait passé : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »DIMANCHE 4 DÉCEMBRE 20112ème DIMANCHE DE L’AVENT  Et voici donc cette grande figure de l’Avent qu’est Jean-Baptiste… Un homme qui a frappé l’attention des multitudes, juste avant Jésus. Il vit au désert, à l’écart des lieux de futilité, de rumeurs ou de pouvoir –comme peut l’être la ville de Jérusalem. Il étonne par l’austérité de son mode de vie. Et sa prédication de la conversion est conforme à sa manière de vivre : il n’y va pas par quatre chemins ; pour lui, en effet, il y a urgence à changer de façon de vivre, car il vient, celui qui va conduire les hommes sur les chemins de la vie. C’est ce que retiendront de lui les chrétiens : Jean est celui qui désigne, qui signale le Christ, « voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi…il vous baptisera dans l’Esprit Saint »… Jean Baptiste aura marqué sa génération par la vigueur de son message. En même temps, pour les chrétiens il sera une figure de l’Eglise, et de sa mission, qui est d’annoncer le Christ, de pointer le doigt sur les signes de sa présence, d’aider les hommes de chaque époque à discerner comment il est présent et agissant dans le monde. C’est ce qu’elle essaie de faire quand elle invite à repérer l’Esprit Saint à l’œuvre dans le monde, dans nos communautés, dans notre entourage, au milieu des hommes, croyants ou non… Elle accomplit sa part de la mission de Jean-Baptiste aujourd’hui.Mais l’exemple de Jean-Baptiste, comme figure de l’Eglise, est aussi très exigeant pour elle (et donc aussi pour nous). En effet, ce qui attire les foules au bord du Jourdain, c’est que le message délivré par Jean Baptiste est en pleine cohérence avec ce qu’il vit. Aussi, lorsque l’Eglise, c’est-à-dire nous, collectivement ou chacun de nous, veut annoncer la venue du Christ aujourd’hui, elle doit toujours se poser la question : quel témoignage donnons-nous ? Quelle cohérence manifestons-nous entre ce que nous annonçons et ce que nous vivons ?Il ne s’agit pas de nous culpabiliser, mais d’abord d’avoir une certaine humilité : car il y aura toujours un décalage entre ce que nous prêchons et ce que nous vivons. Ce décalage devrait nous inciter à la modestie : de quel droit serions-nous des donneurs de leçons ? Mais il doit aussi nous pousser à la conversion : que devons-nous changer dans notre vie, nos comportements, nos choix, pour les mettre en conformité avec la foi dont nous voulons témoigner ? Comme au temps de Jean-Baptiste, l’appel à la conversion pour accueillir la Bonne Nouvelle s’adresse à nous, aujourd’hui, saurons-nous l’écouter ? DIMANCHE 27 NOVEMBRE 20111er DIMANCHE DE L’AVENT (Année B)  Avec ce dimanche nous entrons dans une période de 4 semaines qui nous prépare à Noël. C’est ce qu’on appelle le temps de l’Avent. Au seuil de cette période, il n’est pas mauvais de nous demander ce que signifie vraiment pour nous la fête qui la termine. Noël, bien sûr, mais cette fête est tellement recouverte d’imagerie populaire et de surenchère commerciale qu’on risque d’en perdre la signification profonde.Il y a d’abord la naissance de Jésus, à Bethléem, il y a 2000 ans ; il n’est pas inutile de le rappeler ! Et justement, l’Avent nous permet de nous remettre face à cet événement, car ce n’est pas la naissance d’un enfant parmi tant d’autres dont nous fêterions l’anniversaire. De cet enfant, il sera dit qu’il vient au monde pour conduire tous les hommes à la vie et au bonheur. Il sera comme l’Étoile qui vient conduire vers la Lumière tous ceux qui marchent dans les ténèbres, tous ceux qui aspirent à entrer dans la clarté de la vie. Il comblera leurs aspirations, leurs attentes, leur espérance. Et c’est cela, la Bonne Nouvelle de Noël.Pendant l’Avent, nous nous préparons à accueillir cette Bonne Nouvelle, avec des questions bien simples, et pourtant essentielles : quelles sont mes aspirations, mes attentes ? Qu’attendent-ils, ceux de ma famille, de mon voisinage ou, plus largement, dans le monde ? Car, ne l’oublions pas : Dieu ne vient pas parmi les hommes pour les sauver un par un, au compte-gouttes, selon leurs mérites ; il vient montrer que le seul et unique chemin qui mène au bonheur consiste à faire celui des autres, quitte à donner sa vie, à mourir à soi-même, pour que tous, et nous avec, entrions ensemble dans la paix, la joie et la lumière. Sommes-nous prêts à prendre ce chemin-là ?Quatre semaines ne seront pas de trop pour répondre à ces questions et fêter Noël en vérité, dans la pleine lumière!DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2011LE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS  Les mots sont piégés, dit-on, mais à force de le dire, on va finir par devenir aphasiques ! Parmi ces mots piégés, il y a celui de “roi”, surtout quand on l’applique au Christ dans sa gloire… Cela nous semble tellement incompatible avec le message évangélique tout en simplicité, humilité, refus du pouvoir et de la grandiloquence ! Il y a pourtant là une expression traditionnelle de la foi, et il nous faut l’assumer. Les adversaires juifs de Jésus n’admettaient pas non plus que celui-ci, le galiléen, puisse prétendre être le Sauveur du monde, envoyé par Dieu pour instaurer son Règne. Celui qu’ils attendaient, c’était un triomphateur, un roi comme les princes de ce monde… et voilà qu’il se présente en toute humilité, comme le serviteur et, bientôt, comme le crucifié. Quel scandale ! Et pourtant, c’est celui-là que nous proclamons comme Roi, aux antipodes de tous les rois du monde : car s’il domine, ce n’est pas par la force mais par l’amour ; s’il triomphe sur des ennemis, ce n’est pas sur des hommes pécheurs, mais sur le péché qu’ils ont en eux, la haine, l’égoïsme, le mensonge, la soif de pouvoir, etc.L’évangile du Jugement Dernier nous le montre bien. Mais, attention ! Ce n’est pas une parabole terrifiante, pour nous faire peur… Bien au contraire : elle nous révèle que ce qui compte pour Dieu, dans ce que nous aurons vécu, c’est l’amour dont nous aurons fait preuve dans nos relations avec les autres. Le critère du “jugement”, c’est l’amour, mais pas en paroles ou en discours : en actes et en vérité ; tout le reste disparaîtra au feu éternel, ne subsistera que l’amour qui, seul, peut exister en présence de Dieu, source de tout amour.En contemplant le Christ, roi de l’univers, nous contemplons l’amour qui triomphe de toute haine. Nous affirmons qu’il n’y aura de paix véritable que dans le triomphe de la justice, du respect de l’autre et du partage fraternel de toutes les ressources. Cette paix est déjà en marche dans notre monde, elle se réalise chaque fois qu’une main est tendue à celui qui a faim, soif, est malade ou en prison. Jusqu’au Jour où le Christ viendra. Alors il n’y aura plus ni haine, ni guerre, ni souffrance : ce sera le Règne sans fin de l’amour. Pas de quoi avoir peur ! DIMANCHE 13 NOVEMBRE 201133ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIREL’Evangile d’aujourd’hui est celui de la parabole des Talents, en Matthieu 25, 14-30.   A l’époque grecque, un talent représente une valeur en or assez importante ; au sens figuré, il signifie un don, une aptitude pour faire telle ou telle chose. Le passage de sens, de la valeur monétaire à une capacité personnelle vient peut-être de cette parabole bien connue : la parabole des talents… Un maître qui confie ses biens à des serviteurs, à chacun selon ses capacités : 5, 2, 1 talents ; et chacun en fait ce qu’il est capable de faire : le faire fructifier ou l’enterrer. La parabole est simple, les personnages bien campés et le message clair. Si on passe au sens figuré de « talents » : chacun de nous a reçu des dons, des aptitudes, des talents, chacun selon ses capacités ; à nous de les faire fructifier, confiants en nos capacités, puisque celui qui nous les confie (Dieu, le maître de la parabole, mais ça peut être aussi nos parents, ceux qui nous confient des missions, des responsabilités…), sait bien ce dont nous sommes capables. On pourrait s’arrêter à cette conclusion simple, un peu comme la morale d’une fable ou un slogan publicitaire: vous avez des talents, mettez-les à l’œuvre! Ce serait déjà pas mal ! Mais il y a au moins deux choses en plus dans la parabole. La première, c’est qu’au retour du maître, les serviteurs lui remettent les fruits de leur travail ; ils ne les gardent pas pour eux, ils sont pour le bien du domaine, ils sont pour tous. A travers cela, se profile l’idée forte de la destination universelle des biens de la terre : non seulement les fruits naturels que nous faisons produire, mais aussi les biens culturels, le savoir, la science, la technologie… tous ces biens sont à faire fructifier pour le bien de tous ; celui qui le ferait uniquement pour lui ou pour son clan irait à sa perte, et y perdrait tout : il serait comme le 3ème individu de la parabole…Un deuxième enseignement, c’est la confiance du maître envers ses serviteurs. Elle évoque la confiance que Dieu a envers chacun de nous et envers nos capacités. Nous sommes capables de faire de cette terre, de ce monde, une terre et un monde habitables pour tous, où tous trouveront de quoi s’épanouir pleinement dans la paix, la justice et la fraternité universelle. Dieu nous a donné les talents pour y arriver…Le message de cette parabole est donc un message plein d’espérance, à la condition que nous n’ayons pas peur, comme ce 3ème individu qui, décidément, est presque le personnage le plus important, puisque c’est lui qui met en valeur les deus autres. L’utopie du Royaume  n’est pas un rêve : si nous faisons confiance en celui qui nous le donne, il est à notre portée.DIMANCHE 6 NOVEMBRE 201132ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRELes lectures d’aujourd’hui sont tirées du livre de la Sagesse (6, 12-16), de la 1ère lettre de saint Paul aux Thessaloniciens (4, 13-18) et de l’Evangile de saint Matthieu (25, 1-13). Mon commentaire est parti d’un parallèle entre la Sagesse et l’Esprit Saint, pour les chrétiens. Je me disais en préparant que souvent les gens, même des chrétiens, vont chercher à l’autre bout du monde des sagesses qu’ils ont pourtant tout près d’eux, dans la tradition chrétienne…  Lorsque nous sommes entrés dans l’Année de l’Esprit Saint, beaucoup se sont demandé comment l’Esprit Saint agissait dans nos vies… Aujourd’hui, les textes liturgiques nous donnent une idée de sa présence et de son action, à travers la figure de la Sagesse. Pour nous, la Sagesse, c’est comme un ensemble de maximes, de proverbes qui constituent comme une sorte de philosophie. Dans le monde d’aujourd’hui il y a même un certain engouement pour les sagesses philosophiques, comme la sagesse tibétaine diffusée par le Dalaï-lama, les sagesses hindoues ou les pratiques orientales du détachement face à l’agitation du monde… Mais dans la Bible, c’est bien plus encore (et la première lecture le montre bien), puisque la Sagesse de Dieu se présente comme une personne : elle vient à la rencontre de ceux qui la cherchent, on peut compter sur elle comme sur un ami tout proche, elle inspire l’action de celui qui l’accueille… D’autres textes bibliques nous diront qu’elle vient de Dieu, qu’elle connaît ses volontés et les fait connaître à ceux qui le désirent : elle fait entrer dans la vie de Dieu, là où il n’y a plus ni mort, ni ténèbres, ni douleurs… elle est la source de la joie profonde du croyant car elle suscite en lui l’espérance du bonheur éternel.Les chrétiens diront que la Sagesse est la force intérieure qui leur fait vouloir et faire ce que Dieu veut pour le bien de tous et le salut du monde. Ils reconnaîtront dans cette force celle de l’Esprit que Jésus avait promis à ses disciples. Et ils oseront dire que c’est l’Esprit Saint qui agit en eux chaque fois qu’ils font avancer la cause de Dieu et la venue de son Règne. “Veillez, dit Jésus aux croyants, gardez vos lampes allumées !” Ce qu’on pourrait traduire aujourd’hui en disant : laissez l’Esprit inspirer vos pensées, vos choix, vos actions…laissez-vous guider par lui, demandez-lui de vous éclairer quand vous êtes dans le doute ou l’angoisse… Ayez confiance, car il vient toujours à la rencontre de ceux qui le cherchent ! MARDI 1er NOVEMBRE 2011LA TOUSSAINT Malheureusement, dans nos pays, la fête de la Toussaint est un peu éclipsée par celle du lendemain, le souvenir des défunts et les visites aux cimetières… Laissons pour la fin de cette célébration l’évocation des défunts et arrêtons-nous à la solennité joyeuse de la Toussaint.Cette fête nous rappelle que tous, nous sommes appelés à la sainteté, que celle-ci n’est pas réservée à seulement quelques-uns car elle est accessible à tous. Comment cela est-il possible, alors que nous avons tous bien conscience que nous en sommes loin ? Notre difficulté à accepter notre vocation à la sainteté, vient que trop souvent nous confondons celle-ci avec l’héroïsme et que nous pensons que seuls ceux qui font des choses extraordinaires peuvent y accéder. Mais nous ! Il faut rendre grâce à Jean Paul II d’avoir fait connaître la sainteté de tant de gens ordinaires qui justement nous montrent que la sainteté se vit au quotidien, dans les occupations ordinaires de la vie. Parents, jeunes, enfants…dans la vie professionnelle, dans la vie sociale ou politique, des hommes, des femmes, des laïcs et des consacrés… tous peuvent vivre à la suite du Christ, en vivant au jour le jour dans l’esprit des Béatitudes, la pauvreté et le partage, la miséricorde, la compassion à l’égard des plus démunis, le désir de justice et de vérité, etc.La fête de la Toussaint, c’est notre fête à tous, non pas pour ce que nous sommes, mais pour ce à quoi nous sommes appelés. Chaque fois que nous faisons un pas à la suite du Christ, nous avançons dans la sainteté. Alors, bonne fête à tous, et marchons ensemble, soutenons-nous les uns les autres dans notre marche à la suite du Christ vers la sainteté ! Sur cette route, nous retrouvons tous ceux qui nous ont précédés et qui, maintenant, goûtent la joie d’être dans la sainteté de Dieu, nos défunts que nous n’oublions pas en ces jours de fête. DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011 (30ème dimanche du temps ordinaire)L’Evangile de ce dimanche est Matthieu 22, 34 - 40. Voici mon commentaire, un peu en avance (vacances obligent!) : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu…et tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » A la question posée sur le plus grand de tous les commandements, Jésus répond en donnant le seul et unique commandement, celui de l’amour, avec ses deux faces : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Qu’il me soit permis de commenter ce sommet de tout l’enseignement de Jésus…Tout d’abord, une remarque. Jésus répond à la question en reprenant les termes posés : on l’interroge sur les commandements, il répond avec les mêmes termes (Tu demandes un commandement, je t’en donne deux qui n’en font qu’un !). Mais aimer ça ne se commande pas, l’amour n’est pas un commandement : c’est un principe de vie qui orientera tous les comportements de la vie quotidienne. En énonçant ce principe de vie, Jésus invite à dépasser l’attitude d’une simple obéissance à la lettre d’une loi, fut-ce le Décalogue, pour entrer dans la liberté de l’amour, qui invente à chaque instant les gestes et les paroles d’une vraie communion avec Dieu et avec le prochain. Et puis il y a cette identité fondamentale que Jésus établit entre l’amour de Dieu et celui du prochain. Jésus nous dit d’abord : ‘tu n’aimes pas vraiment Dieu si tu n’aimes pas ton prochain’. On prend souvent cette phrase en réduisant l’amour du prochain à une conséquence, une application, une mise en pratique de l’amour de Dieu. Ça va bien plus loin que cela, sinon on resterait encore dans l’ordre de l’obéissance à une loi ; la loi juive le disait très bien : puisque tu aimes Dieu, alors…tu ne tueras pas, tu respecteras ton père et ta mère, tu ne voleras pas, etc. C’est pourquoi Jésus continue en disant : ‘tu aimes vraiment ton prochain quand tu aimes Dieu’. Cette affirmation mérite explications. Pour le croyant, l’amour du prochain ne se limite pas à un simple sentiment humaniste à l’égard de l’autre, ni à une devise de fraternité comme celle qui orne les frontons républicains ; il est la reconnaissance que Dieu se révèle en tout homme dont je me fais proche et qu’à travers lui, c’est Dieu lui-même que j’entends me dire : “J’avais faim et tu m’as donné à manger…” Le prochain me révèle Dieu parmi les hommes et le Christ me donne cet autre comme un frère. C’est toute la vie chrétienne, la vie avec les autres, dans ce monde, qui se trouve ainsi transformée. C’est aussi toute notre relation à Dieu qui s’incarne concrètement dans notre vie, puisque désormais “tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait”.DIMANCHE 16 OCTOBRE 201129ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIREL’Evangile du jour est Matthieu, chap. 22, versets 15 à 21. La première lecture est tirée du livre d’Isaïe (45, 1.4-6a). Les deux textes  traitent du rapport entre Dieu et le pouvoir. Je n’allais pas laisser passer l’occasion de faire un rapprochement avec les échéances électorales qui viennent, de rappeler l’obligation d’accomplir son devoir d’état et inviter les chrétiens à s’y préparer…   « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Cette phrase est souvent utilisée pour justifier la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est-à-dire en fait la relégation de l’Eglise et des chrétiens comme tels à leurs sacristies, hors de l’espace public. Et les tenants de la laïcité, même à la française, sont tout heureux de citer cette phrase, qui est peut-être la seule qu’ils connaissent de l’Evangile, pour renvoyer les chrétiens au domaine privé de leur conscience.Jésus ne vivait pas dans ce contexte-là et ce n’est pas le sens de la phrase si célèbre qu’il a prononcée. On pourrait l’exprimer ainsi : ne faites pas de César une idole, ou une star ou une vedette ; il gère le bien commun, soyez même exigeants sur sa manière de le faire. Mais ne réduisez pas non plus Dieu au rang d’idole, respectez sa transcendance, c’est lui le maître de l’histoire, comme nous le rappelle la première lecture, et pour nous croyants, nous osons affirmer que tout vient de lui ; aussi, vivez là où vous êtes en citoyens libres et responsables (”Rendez à César…”), cherchant en toutes choses à faire la volonté de Dieu (”Rendez à Dieu…”).Nous sommes au seuil d’échéances importantes pour notre pays. Il serait contraire à l’Evangile de nous en désintéresser, d’autant plus que, par le fait même de notre solidarité universelle, ce qui se passe dans un pays a immédiatement des répercussions dans les autres. Nous ne pouvons pas, par paresse, négliger d’apporter notre contribution à la construction du monde que Dieu veut : au moins un monde aussi beau et aussi bon pour tous, que celui qu’il a créé et nous a confié.La phrase de l’Evangile que je vous commente invite à agir dans le domaine public et y faire entendre notre voix. Des moyens nous sont donnés pour mieux exercer notre discernement. A quelques mois des prochaines élections, les évêques de France ont proposé quelques points d’attention à garder en perspective. Je vous renvoie au document qu’ils ont publié et dont je vous parlais dans l’édito de la semaine dernière. Vous en trouverez des exemplaires aux Accueils des presbytères. Préparons-nous à accomplir notre devoir d’état quand il sera temps ; cherchons à discerner et à faire ce que Dieu veut pour notre monde : c’est ainsi que nous rendrons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !DIMANCHE 2 OCTOBRE 201127ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE L’Evangile du jour est celui qu’on appelle « La parabole des vignerons meurtriers » (Matthieu 21, 34-43). Il est précédé d’une première lecture, en Isaïe (5, 1-7) qui annonçait déjà cette parabole de la Vigne.  Deux images de “Vigne”. L’une, celle d’une vigne traitée avec tous les soins, mais qui ne donne pas de bons fruits : elle est rejetée et laissée à l’abandon. L’autre, une vigne traitée elle aussi avec beaucoup de soins, mais dont les vignerons veulent s’emparer : elle est donnée à d’autres. Pour le prophète Isaïe -1ère lecture- la Vigne, c’est le peuple d’Israël, choisi par Dieu, accompagné par lui tout au long de son histoire : il n’a pas produit les fruits que Dieu attendait de lui. Pour Jésus –Evangile-, la Vigne, c’est le Royaume de Dieu, il doit produire les fruits attendus : justice, paix, amour et respect de l’autre. Cela rejoint une autre expression de l’Evangile : “C’est à ses fruits qu’on reconnaît le bon arbre !”. D’où la question : Où voyons-nous les fruits du Royaume aujourd’hui ? Où voyons-nous aujourd’hui grandir la paix, la justice, la vérité entre les hommes, le sens du bien commun, etc. ?Il vaudrait la peine de prendre le temps, chacun, pour répondre à cette question : dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent de passer, quels sont les événements, les situations, les paroles, les décisions qui portent les fruits du Royaume ? Nous les verrons peut-être dans notre vie quotidienne, nos rencontres avec les autres, telle parole, tel geste de réconciliation… peut-être les verrons-nous aussi, plus difficilement mais pourquoi pas ?, dans les événements de notre vie nationale, politique, économique, même si les événements porteurs de sens ne sont pas forcément ceux qui font remonter la cote du CAC 40… Nous verrons peut-être aussi des signes du Royaume dans les événements qui ont marqué le monde arabe et les efforts pour y établir la démocratie ou la tenue récente de l’Assemblée générale de l’ONU…Sans oublier les événements qui ont marqué notre vie paroissiale : la rentrée pastorale, le démarrage de l’ Année de l’Esprit Saint, la fête paroissiale de dimanche dernier…  Le problème, c’est que trop souvent nous ne savons pas reconnaître les signes du Royaume, les fruits de la Vigne si on veut reprendre la comparaison, nous nous désespérons ou nous nous rebellons, ressassant indéfiniment que ce monde est pourri et qu’on ne peut rien y faire. Rien de tel pour que les ronces et les épines s’y donnent à cœur joie et que le fatalisme et l’égoïsme individuel ou national finissent par l’emporter et détruire ce monde pourtant si riche de promesses !Ce n’est pas ici le lieu pour faire la liste des choses à changer dans ce monde, mais si chacun pouvait y repérer ce qui déjà change, alors –ensemble- nous pourrions affirmer, dans la foi et l’espérance, que cette Vigne qui nous est confiée produit son fruit et que ce monde, malgré tout, est bien en marche vers le Royaume promis.DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 201126ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE  Les textes de ce jour sont extraits du Livre d’Ezékiel (18, 25-28), de la Lettre de Saint Paul aux Philipiens (2, 1-11) et de l’Evangile selon Saint Matthieu (21, 28-32). Pour la Paroisse, c’était aussi le jour de la rentrée pastorale, avec une messe réunissant les deux communautés, de Thorigné-Fouillard et de Cesson-Sévigné. La veille, nous avions eu la rencontre des mouvements et services de la Paroisse avec l’Equipe Pastorale et les deux Equipes-Relais: nous avons fait une très intéressante relecture de l’année écoulée, à la lumière de l’Esprit Saint; et des représentants des Familles Ambassadrices ont pu partager leur témoignage sur l’action de l’Esprit de Dieu dans la vie des personnes, des groupes et des communautés chrétiennes. Après la mese du dimanche, tous étaient invités à rester pour le verre de l’amitié et prolonger avec la Fête paroissiale qui s’est déroulée sur la place de l’église tout l’après-midi. Beaucoup de familles sont restées et ont participé à la Fête, les Petits Chanteurs de Saint-Martin et l’Ensemble folklorique “Les Perrières” ont animé l’après-midi, avec succès. Merci à tous ceux qui ont partricipé à cette Fête paroissiale! Mais revenons à mon homélie…On pourrait profiter de ce dimanche de rentrée pour appliquer directement l’Evangile que nous venons d’entendre aux appels que nous fait le Seigneur dans nos vies…et à notre manière d’y répondre… Ce serait un peu appuyé, compte tenu de toutes les sortes d’appels qui vous sont faits… Rappelons-nous que dans tous ces appels, que ce soit dans notre vie familiale, professionnelle ou ecclésiale, il nous faut apprendre et nous aider à discerner ce que le Seigneur attend de nous et quelle est sa volonté.Je m’ arrêterai plutôt sur la deuxième lecture. Dans la version longue que nous avons écoutée, il y a deux parties. La première nous propose tout un ensemble de dispositions concrètes pour la vie quotidienne, des conseils pratiques pour la vie ensemble, c’est-à-dire une invitation à vivre entre nous dans l’amour mutuel. Tout cela, nous le savons, même s’il n’est pas toujours facile de le mettre en pratique. Mais justement, la deuxième partie nous montre qu’en vivant ainsi, nous vivons comme le Christ et à sa suite. Ce qui est plutôt encourageant pour ceux qui peinent sur les chemins d’une vie parfaite…Vivre comme le Christ dans le service, l’attention aux autres, le respect de chacun, l’écoute mutuelle, etc., n’est possible que si nous laissons le Christ agir en nous, par son Esprit. Cela ne se fait pas en un jour, c’est tout un travail intérieur à faire pour que nous découvrions là où nous sommes ce que signifie « vivre comme le Christ » et que nous puissions dire avec saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».Que cette année nous fasse avancer ensemble -et chacun, là où il est- dans cette marche à la suite du Christ !  DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 201125ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIREL’Evangile du jour est la parabole des ouvriers de la onzième heure, Matthieu 20, 1-16… A la messe du samedi soir, il y avait la présence d’une vingtaine de jeunes lycéens qui ont commencé leur préparation à la Confirmation. D’où mon petit couplet aux jeunes… A la messe de 10h30, il y a eu l’accueil des nouveaux paroissiens… Mon intention était de rappeler que chacun est “appelé”, et que cet appel consiste à vivre dans le monde avec les valeurs de l’Evangile. C’est un point sur lequel il me semble important d’insister actuellement, car premièrement les chrétiens, nous avons une forte tendance à nous replier sur nos communautés (au moins là, on est entre nous!), et ensuite les appels qu’on entend souvent en début d’année pastorale c’est à s’engager dans des services internes à la paroisse (caté, liturgie, accueil, etc.): au risque d’oublier que le premier “devoir” du chrétien c’est de porter l’Evangile dans le monde… même si c’est dur! Jésus raconte une histoire…Cela vaut sans doute la peine de l’expliquer ! Car une parabole, c’est une comparaison, et on peut se tromper en essayant de la comprendre. Mais il y a des clés d’interprétation pour ne pas la prendre au pied de la lettre : car, dans le cas présent, ce serait l’éloge de l’injustice sociale ! Peu évangélique ! Regardons donc de plus près…Le personnage central, c’est le maître de la vigne. Que fait-il ? Il sort à toute heure pour appeler des ouvriers à aller bosser dans sa vigne, quelle que soit l’heure, même au soir tombant : il y aura toujours pour eux quelque chose à leur donner à faire, personne ne restera sur le carreau !Habituellement, dans la Bible, la Vigne est une image du Royaume de Dieu, c’est le monde où nous sommes, mais dans lequel ne règneraient que la bonté, l’amour, la justice, la paix, la vérité, etc. Bref, tout ce que Jésus met en premier ! Aller travailler dans la vigne, ça veut dire : être envoyé pour que triomphent dans le monde les valeurs de l’Evangile. Et puisque le maître de la Vigne, c’est Dieu, cela veut dire que chacun est appelé par lui –chacun, sans exception, qu’il soit de la 1ère ou de la 11ème heure. Chacun, comme ces ouvriers qui attendent sur la place, chacun a de la valeur pour Dieu ; Dieu lui fait confiance : il peut faire quelque chose pour que ce monde soit transformé par le ferment de l’Evangile…On peut se demander pourquoi Jésus parle, en racontant des histoires comme celle-ci. La parabole est un support pour un message qui traversera les siècles, et qu’il faudra adapter à chaque circonstance. La parabole, elle, ne change pas, on peut l’écouter quelle que soit l’époque où on vit, mais elle transporte avec elle un message qu’il faut à chaque fois décrypter, tout en se rappelant que c’est Jésus qui le propose en s’adressant à chacun de nous. S’il n’y avait pas eu la parabole, le message de Jésus ne serait peut-être jamais arrivé jusqu’à nous…Alors retenons le message : chacun de nous a de l’importance pour Dieu parce que chacun, avec ce qu’il est, peut apporter sa pierre à la construction d’un monde meilleur parce que conforme à l’Evangile. Ou, si on veut, chacun a une mission dans ce monde, elle est confiée par Dieu, et elle rend chacun heureux, dans le simple fait de l’accomplir ! Pour vous, les jeunes, cette mission sera peut-être à la maison, avec vos parents, frères et sœurs : faire que l’ambiance soit chaleureuse, agréable et que chacun se sente reconnu et aimé ; ça peut être aussi au collège ou au lycée, avec vos camarades, dans vos fréquentations : faire qu’elles soient saines et respectueuses de chacun…Pour les adultes, même chose, au travail, dans la vie familiale ou conjugale : faire que règnent la vérité, le respect de l’autre, la justice, etc. selon l’Evangile.Finalement, avec Dieu, personne ne reste sur le carreau, il y a du boulot pour tout le monde. Le « salaire », c’est le bonheur de participer à la construction de ce monde-là et, ce salaire, il est le même pour tous, qu’on soit  de la 1ère ou de la 11ème heure ! DIMANCHE 4 SEPTEMBRE 201123ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRELes textes du jour sont : Ezéchiel (33, 7-9); Romains (13, 8-10) et Matthieu18, 15-20… Mais je ne commente pas ces textes, pour partir de l’événement qui marquera la semaine, à savoir la rentrée. Dans mon commentaire, mon intention n’est pas de dévaloriser les appels à l’animation de la vie interne de l’Eglise (le diocèse, la paroisse, les communautés chrétiennes), mais de rappeler que celle-ci est avant tout tournée vers le monde et que ses activités doivent être marquées par la dimensuion missionnaire. Il me semble en effet que nous sommes toujours trop préoccupés, et moi le premier comme curé, par les questions de “boutique à faire tourner”, et que cette préoccupation nous détourne de l’attention à ce qui se passe autour de nous. Quelle est alors la pertinence de l’annonce de l’Evangile au monde d’aujourd’hui, à nos contemporains qui sont souvent bien loin de nos questions internes…?Voilà mon commentaire…Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, permettez-moi de m’écarter du texte biblique pour réfléchir avec vous à la reprise des activités et des rythmes de notre vie quotidienne en temps « normal », consécutive à la rentrée scolaire après les vacances.Vous allez entendre, au cours de ce mois de septembre, bien des appels à vous mettre au service de la communauté chrétienne, ou à continuer votre engagement des années passées, ou à renforcer les équipes d’animation pastorale, etc. Tout cela est nécessaire à la vie de nos communautés, à la vie de l’Eglise, et je vous incite vivement à y répondre, dans la mesure de vos possibilités. Mais il faut nous rappeler que l’Eglise, nos communautés, n’existent pas pour elles-mêmes : ce qui compte dans ce que fait l’Eglise -la liturgie, la catéchèse, les aumôneries, la préparation aux sacrements-, c’est qu’elles servent à l’annonce de l’Evangile, comme Bonne Nouvelle pour les hommes et les femmes de notre temps.En préparation à l’entrée dans l’an 2000, le pape Jean Paul II avait invité l’Eglise à écouter la parole de Jésus à Simon-Pierre : « Avance au large ». Il voulait rappeler que l’Eglise est missionnaire, dès sa fondation par le Seigneur, et que toutes ses activités doivent être traversées par cette dimension missionnaire de l’annonce de l’Evangile au monde, à celui du XXIème siècle, le nôtre. On a souvent comparé l’Eglise au puits qu’on trouve souvent sur les places centrales des villages, où tout le monde vient puiser l’eau pour la maison. On ne reste pas au puits, sauf peut-être un peu pour bavarder et échanger des nouvelles, mais il faut rentrer chez soi ou continuer sa route, avec l’eau fraîche qu’on y a puisée. Belle image pour l’Eglise : on vient s’y nourrir, mais c’est pour mieux repartir sur les terrains où nous attend la mission, celle d’être au milieu des autres, des témoins de l’amour de Dieu pour tous. Jean Paul II rappelait cette image au seuil de l’an 2000. Il nous signifiait ainsi que l’Eglise est là, non pour grossir ni se contempler elle-même, mais comme un lieu de passage où on vient se ressourcer pour mieux être témoins auprès de ceux que nous rencontrons dans la vie courante.Avec la rentrée et la reprise des activités, nous retrouvons les rythmes du quotidien, les personnes, les préoccupations et les difficultés, les choix à faire et les décisions à prendre… Comment allons-nous vivre cette année, sous la conduite de l’Esprit qui nous pousse à « avancer au large » ?Que nos communautés chrétiennes nous donnent la nourriture dont nous aurons besoin pour cette vie quotidienne dans la force de l’Esprit (*). Et si nous pouvons aider à préparer et distribuer cette nourriture, alors répondons aux appels concrets qui nous seront faits dans la paroisse ou ailleurs !(*) On pourrait comparer la mission de l’Eglise à celle d’une boulangerie (d’ailleurs rappelons-nous que Bethléem veut dire « la maison du pain » !) : le magasin peut être très bien décoré, avec une boulangère pimpante et de l’excellente musique d’ambiance… s’il n’y a pas de pain, ou si le pain est mauvais, ou s’il ne correspond pas à ce que les gens attendent, elle ne sert à rien. La boulangerie n’a de raison d’être que pour donner du pain à ceux qui en ont besoin. Il en est de même pour l’Eglise : si elle n’a pas de pain à donner (si elle n’a rien à dire ou à donner), ou si son pain est vieillot, dur ou rassis (si son langage est incompréhensible), et si les gens n’y trouvent pas la nourriture dont ils ont besoin pour vivre, alors elle ne sert à rien…elle est comme le sel qui ne sale plus ! (Je me suis fait cette petite note pur le cas où elle me servirait, je trouvais amusant de parler de pain et de boulangerie!!! Mais, bien sûr, je ne l’ai pas sortie dans mon homélie, ça aurait été trop long!)DIMANCHE 25 AOÛT 2011 22ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE L’Evangile du jour est: Matthieu 16, 21-27 Dimanche dernier, nous lisions cette page de l’Evangile où Jésus interroge les disciples sur ce qu’ils pensent de lui. Nous écoutions la réponse de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ». Réponse digne d’une réponse de catéchisme ! Et c’est ce même Pierre qui, aujourd’hui, est rembarré par Jésus, parce qu’il ne comprend pas que le chemin du salut, inauguré par le Messie, passe par la croix, la mort et la résurrection au troisième jour. « Passe derrière moi, Satan ! », s’entend-il répondre. Je voudrais m’attarder sur les paroles de Jésus qui suivent cette réplique cinglante et sur les conditions qu’il énonce pour le suivre. En méditant sur ce passage, je me demandais comment on peut recevoir aujourd’hui ces paroles, alors que notre monde moderne prône plutôt la réussite, l’épanouissement personnel, le succès, etc. Jésus invite au contraire à « renoncer à soi-même », « perdre sa vie », « prendre sa croix ». Pour nos contemporains, peut-être aussi pour nous, cela n’a rien d’emballant et éloignerait plutôt du christianisme…Pour bien comprendre la nouveauté radicale de ce que Jésus propose, il faut d’abord nous rappeler que, dès le début de son ministère, il ouvre une perspective : celle du bonheur pour tous. C’est le discours des Béatitudes : « Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, ceux qui luttent pour la justice, les artisans de paix, ceux qui refusent la violence, etc. » Toute sa vie ensuite sera l’illustration de cette promesse.  Le bonheur est à la clé pour tous ceux qui chercheront à vivre selon les Béatitudes, à la suite du Christ.La réussite, l’épanouissement personnel, le succès, etc., ne sont pas en soi choses mauvaises et l’Evangile ne prône pas l’inverse : l’échec, la souffrance… Le Royaume annoncé n’est pas le règne des « perdants », des « loosers », loin de là !, mais de ceux qui mettront tous leurs talents au service du bien commun, qui mettront leurs désirs de réussite, d’épanouissement et de succès, non pas pour leur unique satisfaction individuelle, mais pour que tous puissent vivre ensemble dans ce monde qui n’est pas pour quelques-uns, mais pour tous.Sans doute pour cela faut-il mourir à soi-même, renoncer à tout repli sur soi, lutter contre toute forme d’égoïsme individuel ou collectif. Mais le bonheur est à ce prix : il n’y a pas d’autre chemin pour y arriver, et sur ce chemin nous savons que le Christ nous précède. Marchons donc à sa suite et nous l’atteindrons ! DIMANCHE 12 JUINFÊTE DE LA PENTECÔTEDimanche dernier, un groupe de jeunes et d’adultes de la paroisse ont reçu le sacrement de la Confirmation ; aujourd’hui, la Confirmation est célébrée au Lycée Saint-Vincent et à la rentrée prochaine au Lycée de l’Assomption. Au total, ce sont une bonne trentaine de jeunes de notre paroisse qui auront été confirmés cette année. Réjouissons-nous ! Par ailleurs, l’évêque de notre diocèse a décidé de consacrer toute l’année prochaine à l’Esprit Saint, afin de nous laisser guider par lui. Nous en reparlerons tout à l’heure… Déjà les équipes pastorales et les différents services paroissiaux sont invités à relire leurs activités à la lumière de l’Esprit Saint. Et rien ne nous empêche d’en faire autant, chacun pour soi ou en famille, à l’occasion de cette fin d’année.Cette relecture dans l’Esprit nous rappelle une chose que nous aurions facilement tendance à oublier : c’est l’Esprit de Dieu qui fait produire en nous les fruits de paix, de justice, d’amour, de joie et de bonheur fraternel, puisque c’est lui qui développe en chacun de nous ce que Dieu y a mis en nous créant à son image et à sa ressemblance. Au baptisé, l’Esprit est donné pour que, se laissant guider par lui, il réalise pleinement sa vocation humaine de fils de Dieu, en communion fraternelle avec ses semblables. Relire sa vie, dans l’Esprit et à la lumière de l’Evangile, c’est discerner tout ce que l’Esprit nous fait faire de beau, de bon et de grand, et vers quoi il nous pousse pour que se réalise la volonté de Dieu.Bien sûr, il s’agit d’une relecture, car, dans l’action, c’est chacun qui agit, avec ce qu’il est et au milieu des autres. Mais, après coup, il peut aussi reconnaître ce qui a pu conduire à leur plénitude les efforts et les actions menées, ou, dans d’autres cas, ce vers quoi il est poussé pour qu’ils aboutissent. Dans la foi, il pourra dire : « L’Esprit de Dieu est bien à l’œuvre aujourd’hui ! » Il pourra se rappeler deux phrases de l’Evangile. La première est de Jésus : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ! » La deuxième est celle de l’ange Gabriel à Marie : « Rien n’est impossible à Dieu ! »  Relire sa vie à la lumière de l’Esprit Saint, c’est se tourner vers l’avenir avec confiance, puisque au fond c’est bien l’Esprit qui agit en nous et à travers nous pour que le dessein de Dieu se réalise dans notre monde. Nous avons bien besoin de cette confiance, dans notre société troublée. Alors demandons sans cesse au Seigneur que son Esprit agisse en nous et que nous acceptions de nous laisser conduire par lui.Pour expliquer ce que je voulais dire, j’ai pris l’exemple de la sortie d’Egypte: c’était tellement incroyable pour eux que les Hébreux ont “relu” l’événement comme le résultat d’une intervention extérieure, divine. Ils en ont fait le récit (merveilleux) qu’ils nous ont transmis à travers le Livre de l’Exode. C’eszt un exemple de “relecture croyante” … DIMANCHE 29 MAI 20116ème DIMANCHE DE PÂQUES L’Evngile du jour est : saint Jean 14, 15-21  Le temps approche où Jésus ne sera plus présent physiquement à ses disciples ; ce sera l’Ascension que nous fêterons jeudi prochain. Pour l’instant encore, il donne des instructions aux siens. Il leur laisse un commandement : celui de s’aimer les uns les autres. Il leur promet la venue d’une force d’en-haut : c’est l’Esprit de vérité, le Défenseur, qui les soutiendra dans l’épreuve du témoignage. C’est ainsi désormais qu’ils le reconnaîtront présent avec eux. Ce qui compte, c’est de recevoir ses commandements et d’y rester fidèles. Et les commandements se résument en un seul, celui de l’amour sans limites. Les Apôtres garderont précieusement toutes ces dernières instructions. D’autant plus qu’ils feront l’expérience de cette présence mystérieuse du Christ avec eux. Preuve en sont les signes qu’ils accomplissent et dont nous parle le livre des Actes des Apôtres : guérisons de malades, de paralysés, d’infirmes, de possédés…continuent l’œuvre de Jésus et font que nombreux sont ceux qui accueillent la Parole de Dieu et adhèrent au Christ.A notre tour maintenant de reconnaître l’action dans notre vie, autour de nous, dans le monde, de l’Esprit saint. : reconnaître cette force qui fait faire ce dont nous ne nous serions jamais sentis capables, seuls… cette force qui fait bouger ces montagnes de l’égoïsme, de l’indifférence et du mensonge, qui nous entourent et parfois nous envahissent… cette force de l’Esprit dont nous ne pouvons pas douter qu’elle est toujours à l’œuvre dans le monde, puisque nous croyons que le Christ y est bien toujours présent et agissant.A l’approche des fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, apprenons à discerner l’action de l’Esprit, et faisons nôtre la prière des Apôtres pour ce monde, afin qu’il se laisse conduire par l’Esprit de vérité.  DIMANCHE 29 MAI 2011Ce même jour, c’était aussi, à 10h30, la célébration de la 1ère communion des enfants de la paroisse. Je n’ai pas commenté les textes de la Parole de Dieu, mais, en m’adressant à tous, j’ai préféré parler de l’importance pour nous du DIMANCHE En ce moment, dans la messe, c’est le temps de la Parole et le prêtre s’adresse à l’assemblée pour expliquer les textes que nous venons d’entendre. Je ne vais donc pas m’adresser à vous seulement, car dans notre assemblée, il y a des personnes de tous les âges et qui viennent de partout, surtout aujourd’hui ! Et pourtant, c’est pour vous que je vais faire ce commentaire, car, c’est bien connu : quand on parle aux enfants, les adultes écoutent et, même, ils comprennent !D’autre part, je ne vais pas vous parler de la communion, ni de votre 1ère communion. Vous vous y préparez depuis un an, et les catéchistes qui vous ont accompagnés ont mis tout leur cœur pour que vous compreniez ce que vous allez faire aujourd’hui. J’en profite pour les remercier, et j’invite les parents à leur manifester leur gratitude…  Mais je ne vais tout de même pas vous parler de la pluie et du beau temps : je vais vous parler du dimanche, car ce jour de la semaine est pour nous vraiment important : c’est celui où, depuis 2.000 ans, les chrétiens se réunissent, précisément pour la messe et la communion, comme aujourd’hui. En effet, dès le début, les amis de Jésus se réunissaient le 1er jour de la semaine -le dimanche- pour se rappeler que Jésus était toujours avec eux. Ils se rappelaient ses paroles : “Quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux”. Ils écoutaient l’Ecriture et ils se rappelaient comment Jésus leur expliquait que Dieu était notre Père, qu’il nous aimait et nous appelait à nous aimer les uns les autres, sans limites. Ils partageaient du pain, en se rappelant ses paroles : “Prenez et mangez, c’est mon corps” ; pour eux, c’était vraiment Jésus qu’ils recevaient quand ils mangeaient ce pain : il était avec eux, en eux. Et ils s’en retournaient chez eux, à leurs occupations habituelles, encore plus sûrs que Jésus était avec eux et qu’il allait les aider à mettre ses paroles en pratique, à aimer les autres, pour en finir avec les violences, les bagarres, les mensonges, etc. Il était avec eux, et, avec lui, rien désormais ne serait jamais plus comme avant !Voilà pourquoi les chrétiens, nous continuons à nous réunir le dimanche. Parce que nous avons trop souvent l’occasion de l’oublier, il nous faut nous réunir, au moins une fois par semaine, pour nous rappeler que Jésus est avec nous et qu’avec lui, nous sommes plus forts pour faire un monde vraiment meilleur pour tous. Alors je compte sur vous dimanche prochain et les autres dimanches Est-ce que, du coup, la messe est obligatoire ? Je répondrai comme j’avais répondu à une dame, lors d’une réunion de parents pour la préparation à la 1ère communion, qui m’avait interpellé, assez vivement, sans doute parce que j’avais dit des choses un peu fortes : “Mais alors, Mr l’abbé, pour vous, la messe n’est pas obligatoire !!!” A quoi j’avais répondu : “Non, Madame !”, puis, en voyant son air ahuri, j’avais aussitôt rajouté : “Elle n’est pas obligatoire, elle est indispensable !” Gardez bien cela dans votre tête et à dimanche! DIMANCHE 15 MAI 20114ème DIMANCHE DE PÂQUES, Dimanche du Bon PasteurLa vie des prêtres a toujours suscité la curiosité : leur mode de vie intrigue, avec le célibat, leurs affectations, leur formation… et puis, ils ont un rapport au sacré, de quel côté sont-ils ? Nombreuses sont les questions que se posent à leur sujet les fidèles, mais aussi ceux qui sont loin de l’Eglise. Plus nombreuses encore dans les périodes troublées comme la nôtre où des scandales mettant en cause des prêtres, des religieux et même des évêques, ont défrayé la chronique. Passe encore pour les prêtres vivant en communauté, comme les religieux par exemple, où l’individu disparaît derrière la communauté, mais les plus exposés restent les prêtres en plein vent…Nous avons fait cette année, au niveau du doyenné une réflexion sur le prêtre, qui a aidé à comprendre que le prêtre est d’abord un être humain qui vit dans la cité, avec les mêmes qualités et défauts que tout-un-chacun : comme tout le monde, il est affronté aux défis de nos sociétés, et, comme chacun de nous, il a à y vivre en disciple du Christ. Mais comme baptisé, il a reçu une mission particulière. Et l’Evangile que nous venons d’entendre peut nous aider à comprendre cette mission. Jésus en effet se présente comme le Pasteur du troupeau, et l’Eglise s’est toujours comprise comme envoyée pour continuer l’œuvre du Christ. Parmi les baptisés, certains sont appelés à être les signes du Christ-Pasteur, non pas parce qu’ils seraient meilleurs que les autres, mais pour que, avec ce qu’ils sont, ils aident leurs frères à se laisser guider par l’unique Pasteur… Jésus prend une autre comparaison : il est la porte des brebis… Nul n’aura la vie en abondance sans passer par lui : c’est en le suivant que nous donnerons toute sa plénitude, tout son épanouissement, à notre vie. C’est cela que Jésus veut dire lorsqu’il parle de pâturage, d’abondance : à celui qui veut vivre, est proposé le chemin, et Jésus dit qu’il n’y en a pas d’autre. En même temps, il est le pasteur, et il a confié à Pierre, à ses successeurs et à leurs collaborateurs la mission de faire passer le troupeau par cette unique porte, tout au moins : de lui en montrer le chemin, pour que, à la suite du Christ, il entre dans la vie…Avec ses qualités et ses défauts, avec toute son humanité, le prêtre a cette formidable mission de guider ses frères vers le Christ, de les aider à reconnaître en lui l’unique Pasteur, pour qu’ensemble, à la suite du Christ, tous entrent dans la vie. Mission pleine de défis, qui vaut bien qu’on sacrifie tout pour la remplir !DIMANCHE 8 MAI 20113ème DIMANCHE DE PÂQUES, c’est aussi le 8 mai, anniversaiere de la Victoire de 1945, messe en présence des autorités civiles et militaires. A cette messe de 10h30, il y avait aussi deux baptêmes d’enfants en âge scolaire, préparés depuis un an, avec trois étapes, dont deux pendant une assemblée dominicale, au cours de l’année. J’ai fait mon homélie à partir de la première lecture (Actes des Apôtres, chap.2, versets 14 et 22b-33), et de la diversité de l’assemblée que j’allais avoir devant moi… Notre assemblée est aussi diverse que celle à laquelle s’adressait l’Apôtre Pierre le jour de la Pentecôte à Jérusalem. Il y a celles et ceux que réunit la date du 8 mai et la commémoration de la Victoire de 1945, anciens combattants et leurs familles, porte-drapeaux, autorités civiles et militaires… Il y a les familles et catéchistes qui accompagnent ces deux enfants qui vont tout de suite recevoir le baptême auquel ils se sont préparés depuis un an… Et puis notre assemblée du dimanche. Tous nous sommes ici réunis, avec des motivations très différentes, et, sans prétendre à la même force de conviction que celle de l’Apôtre Pierre, je voudrais essayer de rappeler les raisons profondes de ce pour quoi nous sommes ici. Depuis le jour de Pâques, depuis la résurrection du Christ, nous sommes porteurs d’un message qui s’adresse à tous et ce message est le suivant : l’amour est plus fort que tout -pour nous : parce qu’il vient de Dieu- et quand des hommes et des femmes de ce monde choisissent la voie de l’amour fraternel, de l’amitié entre les peuples, de la réconciliation et de la paix, alors la vie grandit autour d’eux et les forces de mort reculent. La résurrection du Christ en est le signe définitif : il a annoncé l’amour -à commencer par celui des ennemis-, il a vécu le don de soi, jusqu’à la mort, c’est pourquoi Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Les Apôtres en ont été les témoins, les femmes d’abord, puis les Apôtres (au cas où…!); ils nous ont transmis ce message.Pour autant, les chrétiens ne sont pas à l’abri des forces contraires. Ils portent le message d’amour dans des vases d’argile, marqués eux aussi par la haine, le désir de vengeance, le mensonge et l’égoïsme. Ils ont souvent été au cours de l’histoire des facteurs de division, de guerre et de haine. Et pourtant ils portent ce message que le Christ leur a laissé : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ! ». Les deux enfants  qui vont être baptisés à présent, et nous tous, les chrétiens de cette assemblée avec eux, nous avons à en être autant les porteurs que les témoins. Mais une chose est certaine : l’Esprit et la force du Christ ne manqueront jamais à celui qui décide de marcher à sa suite !Voilà pourquoi nous nous retrouvons ici, si divers que nous soyons ! Il y a toujours ce message, auquel nous adhérons, de l’amour plus fort que tout. Et il reste toujours à adhérer à Celui qui en est l’auteur et le modèle. Puissions-nous tous rencontrer sur notre route des témoins qui nous conduiront au Christ et nous donneront envie de mieux le connaître et de le suivre.DIMANCHE 1er MAI 2011

2ème DIMANCHE DE PÂQUES

EVANGILE DU JOUR (saint Jean 20,19-31)

Les récits d’apparition de Jésus après la résurrection nous montrent toujours les disciples en proie au doute et à la difficulté, voire l’impossibilité, de reconnaître en celui qui leur apparaît celui qu’ils ont vu peu avant cloué sur une croix et mis au tombeau. On comprend la difficulté que cela représentait pour eux ! L’Evangile d’aujourd’hui insiste sur ce doute, en la personne de Thomas. C’est l’occasion pour Jésus d’énoncer cette nouvelle béatitude qui nous concerne à distance : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”Je voudrais m’arrêter avec vous quelques instants sur ce personnage de Thomas, prototype de l’homme qui doute. Il m’est arrivé souvent d’entendre des personnes se culpabiliser parce qu’elles avaient des doutes… se demander, en considérant l’ensemble de la foi, si elles y croyaient vraiment… prendre certaines distances par rapport à des points du dogme qu’elles ne comprenaient pas ou avaient du mal à accepter… Il s’agit pourtant là d’une expérience humaine, spirituelle même, grâce à laquelle notre foi peut grandir, se purifier, s’éclairer. En  effet, douter, à condition de ne pas en rester là, peut être un tremplin pour la foi. Les grands maîtres spirituels ont tous eu de grands et douloureux moments de doute, de nuit : qu’on pense à saint Jean de la Croix, ou, plus près de nous, à Mère Térésa… Ceux qui ne se sont jamais posé de questions quant au contenu ou à l’objet de la foi sont bien à plaindre ! Ils ont la foi bétonnée, mais ils ignorent ce que c’est que grandir et entrer dans la lumière…La condition est, bien sûr, de saisir le doute comme une occasion pour approfondir, pour se tourner vers le Seigneur et lui demander la lumière de l’intelligence et du cœur. Les maîtres spirituels nous disent que les doutes se résorbent grâce à la prière. En effet, la prière est l’acte du croyant qui, entrant en présence de son Seigneur, le reconnaît présent comme son Seigneur et son Dieu. Il y a peu, on appelait les croyants des “chercheurs de Dieu” ; ensuite on a préféré les certitudes…, mais on n’atteint les certitudes que quand on les cherche ! Alors, bienheureux Thomas grâce à qui nous savons que Dieu se laisse trouver à ceux qui le cherchent !

SAMEDI SAINT (23 avril 2011)

VIGILE PASCALE  Quelle nuit ! On aimerait passer des heures, autour du Feu nouveau, avec les seules lumières des étoiles et du Cierge Pascal, à écouter les récits de cette Histoire dans laquelle Dieu s’est révélé aux hommes. Comme une veillée, où on écoute les anciens raconter l’histoire, celle de la famille, celle du monde… On leur pardonne d’enjoliver un peu de temps en temps. Parfois ils oublient tel ou tel fait historique, mais on n’est pas là pour écouter des spécialistes ! On écoute des témoins qui transmettent ce que, eux, ils ont vécu et comment ils l’ont vécu… Il faut retrouver le goût d’écouter cette Histoire d’alliance entre Dieu et les hommes, car Dieu n’est pas un être abstrait, lointain, tellement différent de nous qu’il n’aurait rien à voir avec nous… Il a parlé aux hommes dans un langage qu’ils pouvaient comprendre : les événements, quotidiens ou exceptionnels, les personnes, avec leurs limites, leurs exploits et leurs maladresses… Jusqu’à se faire l’un d’entre nous, en Jésus. Quand Pilate dit, en présentant Jésus maltraité, ensanglanté, humilié, réduit à rien: « Voici l’homme ! », il ne pensait pas si bien dire !Alors la Résurrection vient reprendre tout cela et mettre comme un sceau à cette histoire. En confirmant tout ce qu’il a dit jusque là, Dieu nous dit : « Si vous voulez vivre, tel est le chemin, suivez-le et vous vivrez ! »Voici la nuit…

VENDREDI SAINT (22 avril 2011) LA PASSION DU SEIGNEUR

Aujourd’hui, en suivant Jésus sur le chemin de sa Passion, nous pouvons contempler la Croix, et méditer ce grand mystère. Pour moi, il est tout à fait significatif que les chrétiens, parmi bien d’autres symboles, aient gardé celui-là, comme signe de leur adhésion au Christ, comme marque de leur identité chrétienne. Ils auraient pu choisir des symboles moins macabres, comme le poisson, le filet, le pain, que sais-je encore…  D’ailleurs, même aux débuts du christianisme, les chrétiens étaient tournés en dérision ou rabaissés à cause de ce signe de leur foi. Le scandale du musée d’Avignon n’est donc pas le premier, ni le dernier, à s’en prendre à ce symbole. Le Christ lui-même, pendant sa Passion, a été l’objet de toutes les moqueries, frappé, méprisé, abandonné de tous, compté pour moins que rien, comme l’annonçait le prophète Isaïe qui poursuit : « Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche ». Le Christ n’a  rien dit, il a laissé faire… Non par masochisme, ni par stoïcisme : il savait qu’il lui fallait descendre jusqu’au plus profond de l’abandon pour redonner vie à celles et ceux qui sont maltraités, humiliés, abandonnés. Saint Paul développera toute une réflexion sur le sens de la Croix, pour les chrétiens. Saint Jean verra, dans la Croix du Christ, la manifestation de la gloire de Dieu. Paradoxe qu’un signe si humiliant soit ainsi celui de la gloire de Dieu. C’est le paradoxe chrétien : à la suite du Christ, il faut mourir pour vivre. La sagesse de Dieu est folie pour les hommes. La puissance de Dieu est faiblesse pour les hommes. Décidément, les critères de Dieu ne sont pas ceux du monde !  

JEUDI SAINT (21 avril 2011)
EVANGILE selon St Jean (13, 1-15)
Jésus lave les pieds de ses disciples.

C’est ce que saint Jean nous rapport de ce repas avant la Pâque. Il ne nous relate pas le don du pain et du vin, comme son Corps et son Sang, livrés pour nous… Seulement ce geste du service. Les disciples, puis l’Eglise, auraient pu garder ce geste, et le répéter, comme nous faisons avec l’Eucharistie, en mémoire du geste de Jésus, se faisant Serviteur. Ils ont gardé le geste du pain rompu et du vin partagé, en souvenir de celui de Jésus, et de tous les repas qu’il avait pris avec eux, avec les pécheurs, au point d’être vertement critiqué, ou moqué comme un glouton et un ivrogne.
Les chrétiens, en chaque eucharistie, nous refaisons ce geste fait une fois pour toutes par Jésus. Nous ne mimons pas Jésus, nous n’en faisons pas seulement un mémorial, comme pour en bien garder la mémoire… C’est alors pour chacun de nous, aujourd’hui, ce jour-là, que Jésus dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, livré pour vous ! » Jésus est réellement présent, pour moi et ceux qui sont avec moi, lorsque ces paroles et ces gestes du pain partagé et du sang versé sont faits, comme il nous l’a dit. Lorsque je reçois le pain, au moment de la communion, c’est vraiment le Christ que je reçois : ses paroles et son geste, faits il y a deux mille ans, deviennent réels pour moi au aujourd’hui.
Mystère de l’Eucharistie ! Seigneur, aide-moi à en être toujours conscient, dans la foi : c’est toi que je reçois dans ce pain et ce vin. Que cette nourriture fasse grandir en moi ta vie.

MERCREDI SAINT( 20 avril 2011) Evangile selon saint Matthieu  (26, 14 - 25)

Un autre récit de l’annonce de la trahison de Judas. Dans l’évangile de Matthieu, il s’agit d’un dialogue entre Jésus et lui. « L’un de vous va me livrer », annonce Jésus. A quoi Judas rétorque : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Je suis frappé par cette question de Judas à Jésus. L’évangile ne se soucie guère de cohérence, puisque, quelques lignes plus haut, on nous dit que Judas va rencontrer les autorités religieuses de Jérusalem pour leur demander combien ils lui donneront s’il le leur livre… J’ai envie de penser que la question de Judas va au-delà de lui ; elle me renvoie à ma propre attitude vis-à-vis de Jésus : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Elle concerne chacun de nous qui avons choisi de marcher à sa suite, comme des disciples. Tous, à un moment ou à un autre, nous nous détournons de Jésus, nous sommes infidèles à notre engagement à le suivre jusqu’au bout… Justement, ce soir, les chrétiens, nous nous retrouvons pour la Messe Chrismale, autour de l’évêque du diocèse, à la cathédrale. A cette occasion, les prêtres, nous renouvelons notre engagement et nos promesses sacerdotales. Trahisons, infidélités, désobéissance… Ne serait-ce qu’en pensée, elles sont présentes aussi dans nos vies de prêtres : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Heureusement, au cours de cette messe chrismale, nous nous entendons redire : « Ma grâce te suffit ! ». Merci, Seigneur, de me le rappeler sans cesse… 

MARDI SAINT (19 avril 2011) Evangile selon saint Jean (13, 21-33.36-38) 

Ce qui me frappe dans cet Evangile, ce sont les attitudes des disciples, suite à la déclaration de Jésus annonçant que l’un d’entre eux va le livrer. Ils ne comprennent pas. Pierre parle par signes, d’un bout à l’autre de la table. Jean semble demander en cachette à Jésus de quoi il veut parler. Puis tout se précise. Judas est désigné, une brève parole de Jésus l’invite à faire vite, mais les autres continuent à ne rien comprendre. Que veut dire cette incompréhension, soulignée avec tant d’insistance dans le récit ? On dirait qu’ils refusent de voir en face la réalité. En effet, pour eux ce qui s’annonce est impossible, ça ne peut pas se passer ainsi… Pourtant Jésus le leur avait annoncé à plusieurs reprises, il leur avait même montré qu’il était déterminé à se rendre à Jérusalem, malgré toutes les menaces qui pesaient sur lui, et que sentaient bien les disciples. A mon avis, la raison de ce refus est leur peur devant la mort prochaine de leur Maître. Ils ne croient pas en ce qu’il leur a pourtant dit : qu’il était la résurrection et la vie, qu’il était l’envoyé de Dieu, son Fils même ! Hier, Marie, la sœur de Lazare, montrait une tout autre attitude, pleine de confiance, même si elle ne savait pas le comment de ce qui allait se passer : elle faisait confiance, elle entrait avec Jésus dans sa Passion, confiante en sa Parole de Vie. Eux, non ! Et ne tirons pas trop sur Judas : il est terrorisé, comme les autres, comme Pierre, dont le reniement est annoncé. Au fond, renier c’est trahir. Ils ont tous perdu la confiance en Jésus. Pour eux, si Jésus est arrêté, condamné et mis à mort, c’est qu’il n’est pas le Messie attendu. Tous leurs espoirs s’effondrent, et, en plus, ils vont subir le même sort que Lui. D’où la peur !Et nous ? Quelle image nous faisons-nous du Christ ? Où est donc sa puissance, si elle n’intervient pas pour le sauver de l’infamie qui l’attend ? LUNDI SAINT (18 avril 2011)Evangile selon saint Jean (12, 1-11)« Six jours avant la Pâque… » C’est sans doute à cause de cette mention que ce texte est proposé comme texte d’Evangile pour le lundi de la Semaine Sainte : 6 jours avant Pâques, ça fait lundi ! Au cours d’un repas, à Béthanie, où il y a du monde : Lazare, récemment ressuscité ( !), Marthe, des Juifs (« une grande foule ») venus en curieux pour voir la mine de Lazare… Ils sont seulement mentionnés dans le texte. L’attention se concentre sur Marie, sur Judas, et sur Jésus bien sûr.Marie. Pendant que Marthe s’affaire au service (décidément, c’est son truc !), Marie (une fois de plus) est aux pieds de Jésus, ou plutôt elle lui verse du parfum sur les pieds. Un geste que Jésus accueillera comme l’honneur fait à celui qui va bientôt mourir, en anticipation de sa mort et de sa mise au tombeau, « pour mon ensevelissement ». Selon cette interprétation, Marie « anticipe » la mort de son Seigneur, elle l’honore avec un parfum « de grand prix ». Ce geste est plein de sérénité devant la mort toute proche, plein de confiance, d’amour… Elle voit avec les yeux du cœur, elle n’a pas peur, elle fait confiance ! A côté de cela, la réaction de Judas paraît bien décalée : « on aurait pu utiliser tout cet argent pour le donner aux pauvres ! » L’évangéliste explique cette réaction en taxant Judas de voleur, tellement elle lui semble déplacée, et la réponse de Jésus remet Judas à sa place : « Des pauvres, vous en aurez toujours, mais pas moi ! »  Pour moi, l’attitude de Judas met en valeur celle de Marie : elle entre avec Jésus dans le mystère de sa mort, alors que Judas se refuse de l’envisager ; qu’il soit voleur ou traitre, il est comme les autres disciples, ils ont tous peur. Pas Marie : elle qui était assise aux pieds de Jésus, elle sait que ses paroles sont paroles de vie ; elle qui a été témoin de la résurrection de son frère Lazare, elle sait que Jésus est la Résurrection et la Vie… Le parfum qu’elle verse aujourd’hui  sans mesure annonce le passage pascal de Jésus, elle a confiance.Confiance en Jésus, malgré la mort inéluctable…Confiance en Jésus, à travers les épreuves, les difficultés, les souffrances par lesquelles nous passons…***********************************************************************

DIMANCHE 17 AVRIL 2011, DIMANCHE DES RAMEAUX

Hier, c’était le dimanche des Rameaux, par lequel nous entrons dans la Semaine Sainte. J’avais préparé mon homélie, bien écrite, et toute prête à être donnée le dimanche, quand, horreur !, je me suis aperçu que le texte avait disparu. On venait d’entendre le récit de la Passion, et j’étais devant cette assistance nombreuse, à la recherche de mon papier. Tant pis ! J’allais essayer de m’en souvenir. Le résultat a peut-être été un peu décousu, mais, en rentrant, j’ai sorti mon texte archivé et je vous le livre, tel que je l’avais préparé !

Aujourd’hui, avec le dimanche des Rameaux et l’entrée de Jésus à Jérusalem, s’ouvre la grande semaine chrétienne, la Semaine Sainte. Ce même jour, comme pour nous inviter à regarder l’ensemble de cette semaine, la liturgie nous invite à écouter un premier récit de la Passion du Seigneur. Le récit en est long et rempli de détails qui nous disent combien les événements avaient été marquants pour les disciples, au point que c’est sans doute ce qui, concernant Jésus, a été raconté en premier, dans les communautés chrétiennes naissantes. C’est aussi pourquoi, au moment de commencer la Semaine Sainte, nous lisons le texte de la Passion.Il débute avec l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, à l’occasion de ce grand pèlerinage des Juifs vers la Cité sainte pour la célébration de la Pâque. La foule, nous dit l’Evangile, acclame Jésus : branchages, acclamations, vêtements jetés sous ses pas… tout indique la liesse de cette foule de pèlerins. D’où vient cette joie ? C’est jour de fête, Jésus est là, au milieu d’eux ; la foule sait tout ce qu’il a fait, ce qu’il a dit, ses miracles, ses paroles pleines d’avenir… elle a mis en lui toute son espérance : c’est lui le Prophète annoncé, le Fils de David, le Roi attendu… il accomplit tout ce qui a été dit dans les Ecritures… Avec lui, un avenir s’ouvre pour tous, à commencer par les plus petits.Le récit de la Passion nous montre que cet enthousiasme retombera vite, quand la puissance des chefs de la Ville, les complicités et les trahisons permettront l’arrestation, le procès et la condamnation de celui en qui ils avaient mis tout leur espoir.Qui est-il donc, celui-là qui entre, monté sur un ânon, au milieu des vivats de la foule ? C’est tout l’enjeu du procès et de la mort de Jésus. Qui est-il pour nous ? La question nous sera posée tout au long de cette semaine. Jusqu’à reprendre à notre compte l’exclamation du centurion, au pied de la croix : « Vraiment cet homme était le Fils de Dieu ! » Que ces jours saints nous conduisent à faire à notre tour cette même profession de foi ! Alors nous entrerons dans la joie pascale, celle du Tombeau vide et de la lumière éclatante du Ressuscité…

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DIMANCHE 20 MARS 2011

2ème DIMANCHE DE CARÊME

C’est lui, mon, Fils bien-aimé…”

L’Evangile de ce dimanche est celui de la Transfiguration (Matthieu 17, 1-9). J’ai repris dans mon commentaire quelque chose à quoi je tiens beaucoup, c’est l’idée que Dieu est avec nous, toujour dans les moments difficles comme dans les moments de joie. Or Jésus est, à ce moment, en marche vers Jérusalem où l’attend la Croix. Les disciples n’y comprennent pas grand chose, mais plus tard, ils comprendront.

Comme une lueur au milieu de sombres présages, la scène de la Transfiguration du Seigneur restera cependant incomprise des trois témoins, Pierre, Jacques et Jean, jusqu’à la manifestation glorieuse du Christ ressuscité. Et pourtant le moment est solennel, le récit en souligne le caractère extraordinaire. Reprenons-en les éléments principaux.Jésus prend avec lui trois apôtres, ceux qui seront témoins également de sa souffrance au Jardin des Oliviers. Il les emmène sur une haute montagne. La montagne, c’est là que Dieu se manifeste aux hommes, comme au Sinaï où Moïse reçoit les Tables de l’Alliance ; comme à l’Horeb, où Elie rencontre Dieu dans la brise légère… Justement, ce sont Moise et Elie qui apparaissent : ils s’entretiennent avec Jésus, comme pour marquer la continuité avec les promesses de l’Ancienne Alliance… La nuée lumineuse, c’est le signe de l’intervention divine : d’en-haut, immatérielle… Et la voix qui reprend les termes du Baptême de Jésus dans le Jourdain, comme pour montrer la fidélité de Dieu, qui, une nouvelle fois, désigne Jésus comme son Fils, même et surtout au moment où le rejet par les siens et la mort sur la croix conduiront les disciples à l’abandonner dans la solitude de la mort.   Ce passage est à méditer, à contempler comme une icône qui laisse entrevoir quelque chose de la divinité du Christ. Déjà, dans l’Evangile de dimanche dernier, nous voyions comment les tentations étaient en fait la mise en question de son identité de Fils de Dieu : “Si tu es le Fils de Dieu, fais ceci, fais cela…” Ici, c’est le renouvellement de la reconnaissance du Père : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé…”, alors que tout va se précipiter en sens contraire, jusqu’à la  mort ignominieuse sur une croix.Retenons de ce passage la fidélité de Dieu qui n’abandonne pas son Fils, bien au contraire. De même, il n’abandonne aucun de ses enfants, il est fidèle à la promesse de vie et de bonheur qu’il leur a faite. Même quand les choses tournent mal pour nous, il est toujours là, avec nous, comme un père près de ses enfants ; il nous dit ce qu’il a dit au jour de notre baptême : “Confiance, n’aie pas peur, je suis avec toi, tu es mon enfant bien-aimé !” Ce n’est qu’après la Résurrection que les Apôtres comprendront que Jésus était vraiment le Fils de Dieu. Et c’est grâce à la Résurrection que nous osons dire que la vie triomphe toujours de la mort, la lumière des ténèbres, l’amour de la haine, et que sur notre chemin, au milieu des épreuves de la vie, Dieu ne cesse de nous manifester sa présence et son amour : “Relevez-vous, n’ayez pas peur !”, nous dit-il alors, comme Jésus à ses trois Apôtres, au moment de redescendre dans la tourmente.

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DIMANCHE 13 MARS 2011

1er  DIMANCHE DE CARÊME

“Si tu es le Fils de Dieu…” 

Le texte de l’Evangile de ce dimanche était, comme à chaque entrée en Carême, celui des Tentations de Jésus, dans la version de Matthieu (4, 1-11). Il m’a paru intéressant de montrer, dans le commentaire que j’en ai fait, que Jésus s’y présentait alors comme vraiment homme (fils d’Adam) et vraiment Dieu (fils de Dieu).

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Jésus est tenté…Voilà qui pourrait nous surprendre, nous qui oublions si souvent que Jésus a vécu notre condition humaine en toutes choses, excepté le péché sans doute, mais, en toutes choses, comme tout fils d’Adam. L’évangile des tentations nous dit que celles-ci commencèrent lorsque Jésus eut faim ; alors, nous dit le texte, « le tentateur s’approcha de lui ». Les représentations picturales nous montrent Jésus avec, face à lui, un être indéfinissable que le texte appelle le démon, Satan ou le tentateur. Peu importent et le nom donné et l’aspect sous lequel on le représente. Ce que je remarque, c’est qu’on le représente toujours comme extérieur à Jésus. Or ces tentations, ce sont ces forces intérieures à Jésus, comme à tout homme, et qui, tout au long de son ministère, tenteront de le faire douter de ce que disait de lui le Père, au moment du baptême dans le Jourdain : « Tu es mon Fils bien-aimé… ». La tentation se fera alors comme un questionnement : « Si tu es le Fils de Dieu, alors fais ceci ou cela… » Tentation de faire des miracles pour que les gens croient en lui ; d’en profiter pour prendre le pouvoir et accélérer la venue du Royaume ; de se prendre pour Dieu et d’écraser les autres.Mais il nous est dit qu’à chaque fois Jésus y résiste, en réaffirmant sa dépendance absolue à celui qu’il appelle Dieu, son Père. A la question insidieuse, « Si tu es le Fils de Dieu… », Jésus rétorque que tout lui est donné par Dieu, son Père : qu’il ne fait rien par lui-même, mais que ce qu’il fait c’est le Père qui le fait en lui.  

Il est rassurant de voir que Jésus fut tenté ! Parce que l’expérience de la tentation nous est familière, quotidienne : tentation de dominer, d’utiliser les autres à notre profit ; tentation de mettre une confiance absolue dans les biens matériels et d’en rechercher à tout prix la possession, même si c’est au détriment de ceux qui n’ont rien ; tentation d’oublier les autres et de se replier sur soi ou sa tribu… Toutes ces voix intérieures qui veulent nous détourner de notre vocation de fils de Dieu, Jésus a connu cela, c’est plutôt rassurant !Mais il est encore plus rassurant de découvrir, grâce à lui, que la clé pour ne pas succomber à ces tentations, c’est de s’accepter comme Fils et de reconnaître que Dieu est notre Père, qu’il aime chacun de nous, sans exclusive, d’un amour absolu, et qu’il veut le bonheur de tous, à condition de s’en remettre à lui.    

Nous connaissons la demande du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation ! » Nous savons que cette traduction n’est pas satisfaisante et qu’il vaudrait mieux dire, comme dans le texte latin : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation ! », ce qui serait plus exact. Mais ce qui importe, c’est la phrase suivante : « Délivre-nous du mal ! », car nous savons qu’en suivant le Christ, le Fils bien-aimé du Père, nous serons avec lui vainqueurs du mal.  

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DIMANCHE 27 FÉVRIER 2011

8ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Où est Dieu quand nous souffrons ?”

Ce dimanche, on écoutait le texte suivant du prophète Isaïe :

Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée. » Est-ce      qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait oublier, moi, je ne t’oublierai pas. » (Isaïe, 49, 14-15)

C’est à partir de ce texte que j’ai fait le commentaire liturgique que voici…

*“Même si une mère pouvait oublier son enfant, moi, je ne t’oublierai jamais !” Voilà ce que dit Dieu et que les lectures de ce dimanche nous répètent à souhait. En écoutant cet engagement du Seigneur à notre égard, remontaient à ma mémoire toutes ces expressions si fréquentes de celles et ceux qui font à un moment ou à un autre de leur vie l’expérience de l’abandon, de la solitude, de la détresse : “Où est Dieu ? Dieu ne m’a-t-il pas laissé tomber ?”, expressions qui rejoignaient le titre d’une session qui s’est tenue il y a peu à La Hublais : “Où est Dieu quand nous souffrons ?”A cette question, une seule réponse : “Dieu est là !” Et la 1ère lecture nous dit comment il est là : comme une mère au chevet de son enfant qui souffre. Elle ne peut pas faire grand-chose, elle ne peut pas prendre sa place, elle ne peut sans doute pas ôter le mal et la souffrance. Elle est là, et sa présence signifie à l’enfant qu’il n’est pas seul. Elle est là, et sa présence veut redonner courage à l’enfant qui lutte contre le mal. La mère ne lui dit pas : “Secoue-toi ! Pense à autre chose ! Ce n’est pas grave !” ou autres sottises du même genre. Elle lui dit : “Courage, n’aie pas peur, je suis avec toi !” Rien ne dit qu’elle va guérir son fils, mais sa présence l’apaisera et peut-être lui redonnera-t-elle les forces pour s’en sortir… Le passage du livre d’Isaïe a bien vu cette manière qu’a Dieu d’être auprès de celui ou celle qui souffre : comme une mère, et mieux encore qu’une mère, s’il est possible ! D’ailleurs, lorsque Jésus allait au-devant des malades, c’était justement pour manifester cet amour privilégié et cette tendresse de Dieu pour ceux qui souffrent. Cette attitude restera gravée dans l’expérience chrétienne, et les chrétiens la reproduiront, en particulier par le service auprès des malades, dans les établissements de santé ou à domicile : la visite aux malades, l’apport de la communion, le signe en lui-même du sacrement des malades… sont autant de manifestations concrètes de la présence de Dieu qui n’abandonne jamais celui qui souffre. A travers ces gestes, Dieu lui dit : “Courage, n’aie pas peur, je suis avec toi !” On peut dire qu’une communauté est vraiment fidèle au Christ, quand elle vit concrètement ce service auprès des malades. Aussi rendons grâce pour tous ceux qui déjà exercent ce ministère, demandons au Seigneur que d’autres les rejoignent, et n’hésitons pas à leur signaler les malades à qui ils seront envoyés manifester la présence de Dieu à leurs côtés. 

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