Tous azimuts

mai 16, 2012

“C’EST VOTRE INTÉRÊT QUE JE M’EN AILLE”

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 3:42

Lorsque Jésus disparaît aux yeux de ses disciples, ceux-ci savent que pour autant il ne les abandonne pas ; ils découvriront peu à peu qu’il continue à être présent à eux, mais d’une autre manière. Grâce au don de l’Esprit, à la Pentecôte, ils vivront avec cette force nouvelle, celle du Ressuscité, qui les enverra faire des choses dont ils ne se seraient jamais sentis capables par eux-mêmes.

Pour cela, il fallait que Jésus s’en aille… Car sa présence physique aurait rivé les disciples à des lieux, un peu comme sur la montagne de la Transfiguration, quand Pierre se propose de faire trois tentes pour rester là à contempler la vision du Christ dans sa gloire. « C’est votre intérêt que je m’en aille », devra leur dire Jésus pour qu’ils comprennent qu’ils ont désormais à se mettre en route, forts de sa présence avec eux. 

Comment le Christ est-il donc présent, à ses disciples et à nous maintenant ? Il y a plusieurs modes de présence actuelle et toujours réelle. Quand les chrétiens sont rassemblés en son nom, quand ils écoutent sa Parole, quand ils partagent le Pain de l’Eucharistie ; mais aussi, dans la vie personnelle de chacun : quand le chrétien s’adresse au Christ dans la prière, quand il médite sa Parole, quand il partage avec celui qui est dans le besoin… c’est toujours le Christ qu’il rencontre et qui continue à l’appeler. C’est de sa présence sous ces formes que le Christ lui-même a assuré ses disciples, « jusqu’à la fin des temps ». De deux choses l’une : ou bien nous croyons à sa parole et alors nous savons qu’il est avec nous ; ou bien nous n’y croyons pas et nous manquons alors la rencontre avec le Christ !

Comme pour les disciples d’autrefois, l’Ascension du Seigneur est la condition pour que nous vivions avec cette présence au jour le jour. Elle est aussi réelle que celle du tabernacle et tout aussi efficace puisqu’à chaque instant offerte. Alors recevons-la et vivons-en !

mai 11, 2012

(Ré-) CONCILIER

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 3:52

Il y a peu, la liturgie nous rappelait les circonstances et le déroulement de ce qu’on a appelé, par la suite, le concile de Jérusalem. En effet, dès les débuts du christianisme, les disciples de Jésus se trouvaient devant une situation inédite, qui bousculait complètement leurs schémas habituels : comment était-il possible que des païens puissent accueillir la Bonne Nouvelle jusqu’alors destinée au seul peuple élu ? Le livre de Actes des Apôtres nous rapporte qu’après de vifs échanges, ils écoutèrent les expériences des uns et des autres, puis la parole autorisée de Pierre et Jacques, et finalement se mirent d’accord pour accueillir cette « nouveauté » comme un signe de l’Esprit.

Cette année, l’Eglise catholique s’apprête à célébrer le cinquantième anniversaire d’un autre Concile, celui de Vatican II, réuni par le pape Jean XXIII pour répondre à cette autre question : comment annoncer l’Evangile au monde d’aujourd’hui ? Là aussi, des débats, des sessions nombreuses, parfois houleuses, pour aboutir à des documents qui aideraient les chrétiens à répondre aux interrogations de leurs contemporains à la lumière de la foi au Christ, sauveur des hommes.

Deux mille ans ont passé entre ces deux événements, mais toujours le même esprit « conciliaire », de tout mettre en œuvre pour que les hommes et les femmes unissent leurs efforts en vue du bien commun, qu’ils s’écoutent et partagent leurs expériences, leurs attentes, qu’ils cessent de se lancer des invectives, de s’exclure mutuellement, et qu’ils découvrent ce que la sagesse populaire rappelle : que tout royaume divisé court à sa perte… Or, les facteurs de division sont partout, et les chrétiens ne sont pas à l’abri de s’y laisser entraîner : par le passé, ils n’ont pas manqué de prononcer bien des anathèmes !

Pourtant, s’ils veulent être fidèles à leur Seigneur et Maître, ils se rappelleront sa parole, à la veille de sa mort : “Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix !” Ce n’est pas seulement un cadeau qu’il leur fait, c’est une mis-sion qu’il leur confie : celle d’être, partout dans le monde, et quelles qu’en soient les circonstances, des artisans de paix et de réconciliation entre les hommes. Ils ne seraient pas fidèles à leur mission s’ils s’arcboutaient sur leurs principes, s’ils refusaient de dialoguer et même de faire un bout de chemin avec d’autres sous le prétexte qu’ils n’auraient pas les mêmes idées ni les mêmes valeurs qu’eux ou, pire encore, qu’ils n’auraient pas voté comme eux ! L’extrême âpreté des débats récents doit maintenant laisser la place à la recherche ensemble de tout ce qui pourra contribuer au bien de tous.

mai 4, 2012

VOCATIONS…

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 4:31

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à prier pour les vocations. Et nul ne doute que les appels à prier pour qu’il y ait des prêtres vont être pressants. Le contexte actuel de diminution de leur nombre a en effet de quoi être alarmant. D’autant plus que, en particulier pour nos régions, nous sortons d’une époque où jeunes garçons et jeunes filles en grand nombre remplissaient les séminaires et les noviciats. L’Eglise pouvait alors s’organiser en conséquence et accomplir des missions dans tous les domaines, ici et ailleurs. Les plus anciens d’entre nous se souviendront avec émotion de ces temps où soutanes et cornettes faisaient partie du paysage, avec l’école, le patro, le dispensaire, la clinique, au coin des rues ou en rangs par deux…  Mais les plus jeunes, qui n’ont pas connu cette époque, doivent se méfier des récits attendris ou des descriptions nostalgiques que les anciens pourraient en faire !

La situation actuelle a au moins l’avantage de nous obliger à nous poser la question : que pouvons-nous faire pour que nos communautés chrétiennes vivent de l’Evangile, que les baptisés vivent de leur baptême et en témoignent dans toute leur vie, se nourrissent des sacrements et en particulier de l’Eucharistie ? Car, au final, c’est bien cela l’essentiel… Le manque de prêtres, par rapport à l’époque antérieure, conduit à se demander : de quels ministères l’Église a-t-elle besoin pour être fidèle à sa mission ? Ou n’existerait-elle que là où il y a des prêtres pour célébrer l’Eucharistie ? Qu’en serait-il alors de tous ces endroits de par le monde où il y a un seul prêtre pour 100 à 200 mille habitants, mais où les chrétiens se réunissent régulièrement, autour de la Parole de Dieu, se préparant à l’Eucharistie qu’ils célèbrent une ou deux fois par an ? Ne sont-ils pas d’Eglise, eux aussi ?

Ces extrêmes ne sont pas à souhaiter, bien sûr, mais nous avons sans aucun doute à découvrir que pour faire Eglise, il faut d’abord des chrétiens convaincus, ouverts au monde, soucieux de l’annonce de la Bonne Nouvelle, vivant le partage et la solidarité, et désireux de se réunir pour accueillir la Parole. Prier pour les vocations, c’est d’abord prier pour l’Eglise, et demander à l’Esprit de toujours lui donner les moyens dont elle aura besoin pour annoncer la Parole et en vivre.

avril 21, 2012

“…A VOTÉ !”

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 4:46

Est-il besoin de le rappeler ? Aujourd’hui est un jour important pour notre pays, puisque son avenir dépend en grande partie du résultat des élections qui commencent avec ce premier tour. Ne pas avoir conscience de l’enjeu de ce scrutin serait grave car cela provoquerait l’affaiblissement de la démocratie pourtant acquise de haute lutte face aux extrémismes du passé. Le droit de vote, dans l’état actuel du jeu démocratique, ouvre au droit de participer à la vie de la nation, et il est de l’intérêt de tous que chacun se sente responsable du bien commun. Il y a bien sûr d’autres moyens de participation, mais le vote aux élections nationales en est le plus élémentaire.

On peut s’en prendre aux candidats, à la qualité de la campagne électorale qu’ils ont menée, aux moyens d’information par lesquels les différents projets nous sont parvenus… On peut renvoyer les candidats dos à dos pour la raison que leurs programmes ne changeraient rien… Il n’empêche qu’il y a une décision à prendre et que, selon la Constitution de notre pays, elle est remise au suffrage universel, et non pas au vote de quelques-uns seulement. Dans les micros-trottoirs, on entend souvent dire qu’on n’ira pas voter parce qu’on ne sait pas pour qui… Certes, la campagne électorale n’a pas vraiment fait se détacher telle ou telle personnalité ; heureusement, car cela signifie qu’il n’y a pas de solutions miracles aux problèmes d’aujourd’hui, ni de personnalité providentielle pour les sortir de son chapeau. Il nous faut donc accepter d’exercer notre responsabilité en faisant confiance aux personnes et aux institutions pour que, ensuite et le cas échéant, elles donnent aux citoyens la possibilité d’intervenir dans la conduite des affaires de la nation.

Tout n’a pas été dit dans cette campagne. Des sujets importants, comme l’Europe et l’Environnement, n’ont été qu’effleurés. On peut en accuser les candidats, ou les médias, mais c’est sans doute aussi parce que nous ne nous mobilisons pas beaucoup sur ces sujets, plus préoccupés que nous sommes par les questions quotidiennes. Pour que ces thèmes ne soient pas laissés aux mains des “spécialistes”, peut-être aurions-nous intérêt, à l’avenir, à nous en soucier davantage, ne serait-ce que pour mieux vivre…notre quotidien. En démocratie, la responsabilité de chacun ne s’exerce pas seulement une fois tous les cinq ans, mais régulièrement, déjà par les moyens que chacun prend pour s’informer, et se former aux questions qui orientent l’avenir de tous. L’intérêt que nous y porterons peut créer le débat dans lequel chacun pourra exprimer ses choix sur les grandes orientations politiques de demain.

avril 14, 2012

Le sacrement des malades

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 9:27

“Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple…” La présence de Jésus auprès des malades a profondément marqué les disciples, à en croire les très nombreux récits qu’ils nous en ont laissés dans les Evangiles. Et l’Eglise, en fidélité à cette action de Jésus, a voulu marquer par un sacrement particulier son attention et sa sollicitude envers tous ceux qui, du fait de la maladie ou du vieillissement, expérimentent en eux la diminution de leurs forces, la fragilité de la vie et l’incertitude angoissante face à l’avenir.

Ce sacrement est aussi appelé “Onction des Malades”. Il est conféré à tous ceux qui le demandent quand, à la veille d’une opération, affrontés à une maladie grave, ou atteints par le grand âge, ils souhaitent recevoir de Dieu, comme les malades au temps de Jésus, le signe de sa présence auprès d’eux à ce moment-là de leur vie, et la force pour vivre cette heure. On peut le recevoir plusieurs fois dans sa vie, chaque fois que l’on passe par ces situations : c’est toujours un acte de foi en Dieu dont l’amour préférentiel pour les petits, les pauvres et les affaiblis nous a été révélé en Jésus.

Aujourd’hui, beaucoup redoutent de demander ce sacrement, encore trop lié –inconsciemment- à ce qu’on appelait l’”extrème-onction”, et autrefois demandé uniquement pour ceux qui étaient rendus à la dernière extrémité… Alors qu’il s’agit d’un sacrement pour les malades, afin de les aider à vivre leur épreuve dans la foi et la confiance en Dieu ! Le sacrement des malades n’est pas non plus un rite magique qui prétendrait, au-delà des efforts de la médecine, guérir le malade, c’est le signe de Dieu qui vient et lui dit : “Courage ! N’aie pas peur ! Je suis avec toi dans ce moment de souffrance et d’angoisse !”

Le samedi 28 avril, veille de la fête de sainte Catherine de Sienne, les malades et personnes âgées qui le souhaitent pourront recevoir ce sacrement, en l’église de Cesson, au cours de la messe dominicale, qui, pour l’occasion, sera avancée à 17h00. N’hésitez pas à en parler autour de vous, à préparer les personnes à cette rencontre avec le Seigneur et à nous signaler celles qu’il faudrait aider à transporter.

avril 7, 2012

“ON A ENLEVÉ LE SEIGNEUR DE SON TOMBEAU…”

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 5:20

On comprend la réaction effrayée de Marie Madeleine à la découverte du tombeau vide, là où l’avant-veille on avait déposé Jésus. Que s’était-il passé ? Les témoins extérieurs feront courir toutes sortes de légendes, pour tenter d’expliquer l’inexplicable, et les adversaires du christianisme naissant ne manqueront pas de les propager, jusqu’à ce qu’elles s’éteignent devant la foi des disciples.

Mais de nos jours encore, les tentatives ne manquent pas qui essayent de faire appel à la science face à l’énigme du tombeau vide. On en revient toujours aux mêmes histoires de vol du corps ou de mort feinte du Christ… Ça occupe les soi-disant chercheurs et les amateurs de sensationnel. Sauf qu’on arrive toujours, comme sur une butée, à la foi qui s’est propagée d’âge en âge et qui affirme du Christ mort sur la croix qu’il est « ressuscité d’entre les morts » !

La science ne pourra jamais nous dire ce qui s’est concrètement passé alors, ni même ce qui se passe pour le croyant aujourd’hui lorsqu’il affirme que Jésus est ressuscité des morts. Pour l’au-delà de la mort, la science est muette : cela n’enlève rien à sa grandeur, mais c’est sa limite, comme pour toute entreprise humaine, aussi curieuse soit-elle de chercher à comprendre.

Alors, croire en la résurrection sonnerait-il le renoncement à tout effort de la raison et de la science ? Non. Car il y a des données certaines, même aux yeux de la raison : ce sont les effets que la résurrection du Christ a produits sur ses disciples, à commencer par Marie-Madelaine, puis Pierre, Jean, et tous ceux qui, en les suivant, suivaient le Christ, à commencer par Paul, pour arriver jusqu’à nous. Une légende ou une supercherie n’aurait pas tenu si longtemps et n’aurait pas produit avec tant d’éclat ce dont nous sommes témoins au cours de l’histoire du christianisme, surtout au milieu de tant de fragilités et de ténèbres !

La première génération de chrétiens a cru au Christ ressuscité, non parce qu’ils en avaient des preuves matérielles, mais parce qu’ils voyaient l’enthousiasme, l’audace, la joie de ceux qui avaient connu Jésus et qui disaient qu’il est vivant ! Alors, à leur tour, ils entraient dans la communauté, par le baptême, reconnaissaient la présence du Christ au milieu d’eux, chaque fois qu’ils partageaient le pain en faisant mémoire de ce qu’il avait fait le dernier soir avec ses disciples et qu’il refaisait aujourd’hui avec eux, et ils en devenaient les témoins. Point n’était besoin de preuves : ils croyaient sans le voir, et nous aussi ! 

mars 31, 2012

DANS L’ESPRIT DU CONCILE…

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 4:14

Bonjour à mes amis lecteurs de ce modeste blog…

Si vous étiez avides de me lire, vous avez sans doute été frustrés par une absence de 15 jours… Je reviens vers vous. Mais je n’étais pas loin, j’étais à Lourdes, où, la semaine dernière, je participais à cette grande Rencontre Nationale, avec 2500 autres personnes de tous âges et de toutes les régions de France, pour le début des manifestations du cinquantième anniversaire du Concile Vatican II.

Peut-être pour certains d’entre vous, ce Concile ne dit pas grand chose, mais pour celles et ceux de ma génération il a été un grand moment dans notre vie de croyants catholiques. A l’époque où le Concile s’est tenu, entre 1962 et 1965, je n’étais pas particulièrement intéressé par ce qui se vivait dans l’Eglise catholique: j’étais jeune, étudiant à l’autre bout de la France, et avais d’autres sources d’intérêt et de préoccupations, en fait j’étais aussi insouciant que tout jeune de 20 ans!  Je voyais bien que des choses changeaient, surtout dans la liturgie, mais je m’en sentais assez extérieur. Puis il y a eu mai 68, et le bouillonnement des événements a sans doute marqué plus fortement ma génération, même celle des jeunes cathos à laquelle j’appartenais, (sans aucun militantisme, d’ailleurs). Si je suis parti en coopération, en Amérique centrale, ce n’est pas à cause du Concile, mais par un désir profond de participer à l’effort en vue de la croissance des pays qu’on appelait alors “en voie de développement”.

C’est en entrant au Séminaire que j’ai découvert ce qu’avait été le Concile: les textes dont on me montrait comment ils étaient en phase avec ce que j’avais vécu en coopération, partageant les aspirations, les attentes, les espoirs et les angoisses d’une population qui, à l’époque, vivait dans la pauvreté, sous une dictature implacable; une population qui volontiers se tournait vers le ciel pour en attendre des raisons de continuer à vivre et à lutter; une Eglise qui était proche des pauvres et qui les soutenait dans leurs combats contre la pauvreté. Au Séminaire, nous lisions les textes, et pour moi c’était vraiment une découverte enthousiasmante qui donnait du sens à ma vie et à l’engagement que je m’apprêtais à prendre. La liturgie devenait un lieu où tout ce courant d’espérance revenait à sa source pour en repartir renforcé, dynamisé, éclairé, etc.

Même si, à Lourdes, il n’était pas question de cultiver la nostalgie, il n’était pas mauvais pourtant de retrouver la force de l’événement. Celui qui en fut le témoin, l’autre semaine, fut le cardinal Etchegarray. Dans le peu de temps de parole qui lui fut donné, il sut, plus que les autres, et de loin, transmettre un dynamisme que l’âge n’avait pas diminué: une invitation à nous tourner vers ce monde dans lequel nous vivons, à l’aimer avec toutes les potentialités qu’il recèle, à ne pas le fuir ni le juger avec hauteur, à y accueillir le Verbe de Dieu qui s’y incarne, à avancer avec les hommes et les femmes, nos contemporains, nos frères et soeurs, dont nous ne pouvons pas nous désolidariser, si nous sommes disciples du Christ puisqu’il s’est fait l’un d’entre eux… Vraiment un moment de transcendance, en comparaison duquel les autres interventions étaient, à mon avis, trop convenues et conventionnelles. Il y manquait le souffle du Concile. Il est vrai qu’à trop vouloir en revenir à la lettre du Concile, on risque d’en oublier l’esprit.

Ce la dit, ce fut aussi un moment de rencontres, même si le nombre était tel que le brassage était plutôt massif et impersonnel… Une réalité intéressante cependant: le clivage patent entre les générations, celles qui avaient connu le Concile (avant, pendant et juste après) et celles qui n’en avaient connu que les “applications” (sans trop savoir d’où elles venaient). Ces dernières découvraient les textes, mais je me demande si elles en ont perçu l’esprit!

C’est, je crois, la question actuelle au sujet de la réception du Concile Vatican II. Peut-on retrouver et vivre du souffle de l’événement? Ne serait-ce pas cela qui constitue la ”réception” d’un Concile? Ou s’agira-t-il plutôt de se plonger dans les textes, les constitutions, les décrets… pour les analyser, les décortiquer, et ainsi mieux s’y référer? Qu’appelle-t-on “réception” d’un Concile? That’s the question…

Heureusement, il y avait aussi le cadre. Pas seulement celui de Lourdes, toujours aussi prenant et inspirant. Mais aussi celui dans lequel les organisateurs avaient voulu situer cette rencontre, celui d’une célébration. Cela remettait toutes choses à leurs places: puisqu’il s’agissait de se mettre à l’écoute de l’Esprit, de rendre grâce à Dieu pour cet événement et de nous tourner ensemble vers l’avenir. Si on a bien compris ce qui s’est passé au Concile, il n’y a pas place pour quelque pessimisme que ce soit, face à la réalité dans laquelle nous vivons: c’est la nôtre, à nous d’y vivre dans le souffle de l’Esprit.

Voilà ce que je voulais vous raconter!

mars 17, 2012

PARTAGER…

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 5:17

Je suis frappé, dans le contexte électoral dans lequel nous sommes, de voir combien l’horizon de nos préoccupations est resserré dans des limites bien étriquées La raison en est assez évidente : la crise économique et les incertitudes qu’elle entraîne quant à l’avenir pour ces cinq prochaines années provoquent inévitablement un certain repli sur des sujets du quotidien. Malgré tout, l’expérience nous montre qu’en élargissant le champ on a toujours plus de chances de mieux résoudre les problèmes qu’en le rétrécissant, surtout dans des sociétés aussi imbriquées que les nôtres. C’est ce qu’on appelle « prendre de la hauteur », ce qui manque un peu aujourd’hui…

Le Carême invite au partage, c’est-à-dire d’abord à sortir de l’enfermement dans des problématiques individuelles ou catégorielles, pour s’ouvrir au bien commun et aux intérêts de tous. Or ce qui fonde l’appel au partage, ce n’est pas d’abord un impératif moral, c’est la conviction profonde que la terre est à tous, parce qu’elle est un don du Dieu créateur de toutes choses. Ainsi, lorsque le croyant affirme sa foi en Dieu, « créateur de l’univers visible et invisible », il énonce une conception du monde où tout vient de Dieu pour le bien de tous, et où nul ne peut s’en accaparer la moindre part pour son profit personnel… Cela n’a rien à voir avec un quelconque égalitarisme, qui prônerait la réduction de tous à un minimum commun ; les talents sont divers et doivent être développés, mais toujours avec la même finalité : le service de tous.

Aussi n’est-il pas mauvais de nous poser la question de la destination de nos talents ou de nos biens. Les parents répondront qu’ils cherchent à assurer l’avenir de leurs enfants. On pourra répondre de la même façon pour des ensembles plus vastes, comme un pays ou un groupe de pays… Mais chacune de ces entités peut vite devenir une véritable bulle, isolée des autres !

Les Apôtres, au lendemain de la Pentecôte, se donnèrent comme idéal de vie celui du partage des biens : « Nul ne considérait comme sa propriété l’un quelconque de ses biens ; au contraire, ils mettaient tout en commun » (Actes 4, 32). On sait que, concrètement, ils se heurtèrent très vite à l’impossibilité d’en faire une règle générale, et que Paul lui substitua la pratique de la collecte pour venir en aide aux moins aisés. Mais l’idéal est resté le même pour tous les chrétiens: on le retrouve dans la vie monastique et les conseils évangéliques et il est rappelé à chaque Carême comme devant inspirer la vie et les choix quotidiens du croyant.

mars 10, 2012

JEÛNER…

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 4:55

Aujourd’hui, du moins chez les catholiques, la pratique du jeûne n’est pas très valorisée. À cela, on peut donner plusieurs raisons. Tout d’abord le souvenir d’un passé où cette pratique était imposée par l’Église de telle façon qu’il était facile de la détourner de son sens véritable ; pensons à celle de manger du poisson le vendredi, que ce soit du hareng ou du turbot ! Une autre raison, plus tordue, invoquait le problème de la faim dans le monde, au nom de quoi le jeûne était une pratique de gens nantis qui leur donnait bonne conscience face à la pénurie dont souffraient les pauvres. Curieusement, on regardait avec admiration, non d’ailleurs sans une certaine condescendance, la pratique du ramadan chez  nos voisins musulmans.

Il fallait retrouver le sens chrétien du jeûne, au moins celui du Carême. Et, si jeûner c’est se priver, aider le chrétien à découvrir de quoi il est bon qu’il se prive pour que son jeûne soit un moyen efficace pour se préparer à célébrer Pâques. Heureusement, les outrances de la société de consommation nous ont montré que l’être humain, incité à toujours consommer davantage, devenait prisonnier d’une véritable addiction entretenue par certains grands groupes qui en tiraient de substantiels bénéfices. L’exemple du tabac et des industries qui en assurent la commercialisation suffit à la démonstration ! Mais il y en a bien d’autres : le téléphone portable, les tablettes numériques, la télévision, la voiture… Tous ces moyens peuvent finir par paraître tellement indispensables qu’on ne peut plus s’en passer. Or nous savons bien que leur usage incontrôlé produit souvent l’effet inverse de ce pour quoi ils prétendent être faits : et ces moyens de communication rapide et instantanée deviennent vite des obstacles à la communication. La campagne pour un écran noir pendant une semaine peut nous révéler notre addiction à la télévision ou à internet et être très pédagogique pour les plus jeunes.

Jeûner est un acte volontaire : chacun sait de quoi il est bon qu’il se prive pour améliorer les relations autour de lui; et les parents savent quelles privations ils peuvent proposer à leurs enfants pour que, chacun y mettant du sien, la vie en famille ou à l’école soit plus harmonieuse et plus sereine. Jeûner, ce n’est pas seulement se priver de bons petits plats – encore que ! –, c’est peut—être d’abord s’essayer à renoncer à tout ce qui enferme sur soi-même, en se privant volontairement de ce qui fait obstacle à l’amour du prochain… et donc aussi à l’amour de Dieu !

mars 5, 2012

PRIER…

Classé dans : Uncategorized — piemar @ 6:14

Ils ont dû être déçus, les disciples, quand, à leur demande d’avoir des prières, Jésus ne leur en donne qu’une, le Notre Père ! Peut-être, comme les disciples d’autres maîtres spirituels, s’attendaient-ils à avoir tout un recueil : des prières pour tous les temps et toutes les circonstances… Non : une seule, et encore Jésus ne leur dit ni comment, ni quand il faut s’en servir ! Il ne leur dit même pas quelle attitude prendre : debout, assis, à genoux, sur les talons ? Rien d’autre que : “Quand vous priez, dites :…”

Pourquoi Jésus agit-il ainsi ? Il sait que la prière est, pour le croyant, l’acte le plus personnel, celui qui engage le plus sa foi en Dieu. Il sait aussi que Dieu, son Père, ne veut pas faire de nous des esclaves mais des êtres libres, qui s’adresseront à lui en toute liberté, pas avec des formules ! Il leur donne cette seule prière, car elle résume en elle-même tout ce que le croyant peut attendre de son Père. Il sait que lorsque les disciples seront vraiment pénétrés de cette prière, ils n’auront plus besoin de mots pour prier, ils prieront avec leur cœur : il leur suffira d’être là, en présence de leur Père. Il est très révélateur que, dans les nombreuses mentions des Evangiles où on nous dit que Jésus priait, les évangélistes ne nous donnent pas le contenu de la prière du Seigneur : il était en présence de son Père, et c’était ça sa prière ! Au Jardin des Oliviers, cependant, on nous donne quelques phrases répétées par Jésus : justement, une phrase du Notre Père, « Que ta volonté soit faite ! »

Finalement, dans la prière, les mots ou les attitudes importent peu, du moment que le croyant entre vraiment en présence de son Père, dans une relation d’amour confiant. Quelles que soient les situations dans lesquelles il se trouve, les joies, les peines, les souffrances, les angoisses, les siennes ou celles des autres, il sait que Dieu est toujours là, proche, et que ce Père ne veut que le bonheur pour ses enfants, que ce qui est bon pour eux. Par la prière, le croyant se met dans un état de réceptivité totale à ce que Dieu son Père dit, sa prière se fait écoute de la Parole. Saint Paul a des mots très vrais pour parler de la prière : “Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit vient au secours de notre faiblesse” (Romains 8, 26). C’est l’Esprit qui nous fait nous tourner vers Dieu et l’appeler « Abba », avec tout l’amour filial qu’il y a dans ce mot araméen. Et le Père sait très bien ce dont nous avons besoin : par l’Esprit, nous découvrons ce qu’il veut pour nous et nous nous  disposons à l’accomplir.

On est bien là au cœur de la foi et si nous éprouvons tant de difficultés à prier, c’est peut-être que notre foi a encore beaucoup de chemin à faire. Seigneur, fais grandir en nous la foi !

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